Larmes

Je cours sur cette plage, le vent fouette mon visage ; il pique mes yeux. Je pleure.
Docteur, s’il vous plaît, faites que jamais plus les larmes coulent. Retirez-moi la raison de mon tourment.

Je marche, appuyé sur une canne, des lunettes noires cachent deux orbites vides, je parcours les rues de cette ville sans trop savoir où aller. Je bute contre un objet, la douleur irradie dans mon corps. Je pleure.
Docteur, s’il vous plaît, les larmes continuent de couler ; je suis malade rien que d’en parler. Faites ce qu’il faut pour remédier à ça.

Une personne me pousse, je suis assis dans un fauteuil roulant. Mon corps n’est plus qu’une coque sans vie. Tous mes nerfs sont atrophiés, ils ne véhiculent plus les signaux m’indiquant le danger d’une flamme, d’une lame.
Le téléphone sonne. L’infirmière répond, me glisse l’écouteur et j’écoute le message. Je pleure.
Docteur, s’il vous plaît, les larmes sont toujours là. Je ne sais plus quoi faire. Dites-moi qu’il existe une solution.

Mécanique, j’avance, maintenant plus rien ne me raccroche à l’homme. Je ne suis qu’une enveloppe de chair impropre aux sentiments ; je n’ai plus de cœur, plus de larmes, juste des souvenirs d’un passé poli par l’acidité du présent.

Au fond de ma carcasse, je sens une pression grossir, je ressens comme un goût de nostalgie empreindre mon existence, je pressens des larmes, mais cette fois, aucun docteur ne viendra les retirer ; je préférerais mourir plutôt qu’abandonner ce qu’il me reste.

Codex Atlanticus

Je connaissais le Codex Atlanticus via l’œuvre de H.P. Lovecraft (La clef d’argent / Silver Key), mais voilà quelque temps, j’ai découvert qu’une revue annuelle existait (une anthologie permanente du fantastique) .

C’est donc par le biais de Romain Billot que je me suis procuré le numéro 20 de la revue (disponible ici :http://clefargent.free.fr/codex.php). Je le remercie pour sa dédicace et pour ce partage. J’ai passé un agréable moment à lire toutes les histoires.

Après lecture (au total dix textes), trois nouvelles sortent du lot :

– « À l’abandon » de Stéphane Mouret : il nous entraîne à la rencontre d’une famille rendant visite à une tante qui vit seule, loin de tout, dans une maison… à l’abandon.

– « Le visage de la bête » de Romain Billot : souvent la bête n’est pas celle que l’on croit. Je n’en dirai pas plus.

– « Le complot » de Gilles Bailly : Un homme à la redingote grise, une fourmi, des gardiens, une île… Une histoire surprenante.

Visuel de la revue :

codex20