Intercalée

Pour débuter ce blog, je vais glisser un texte écrit ce soir.

Il est dédié à ceux qui se battent contre le crabe. Il s’intitule « Intercalée »

J’existe, intercalée entre neurones et fibres nerveuses, je me glisse dans ta vie et chaque jour qui passe, je me nourris de toi. Tu es là, tout autour de moi, mais tu ignores ma présence. Tu continues de marcher, de travailler, de vivre, respirer, sans savoir que le temps passe, sans comprendre que ces années espérées à mourir d’une belle mort, resteront un mythe que tu n’atteindras jamais.

Si tu meurs, je meurs avec toi, mais j’aurai accompli ma tâche.

Intercalée, je le suis et le resterait jusqu’au jour où d’unique, je me développerai pour contaminer ton organisme ; je muterai, je franchirai les barrières des organes, je me coulerai dans tes poumons sous une forme virulente, j’attaquerai ton foie, tes os, et ta peau. Tout se terminera comme je l’ai décidée, comme mes fonctions ont été programmées et enfin, je gagnerai.

Toi l’homme, qui se croyait le plus malin, succombera devant la maligne que je suis, et ça, tu n’y pourras rien.

«  J’existe docteur, intercalé entre la vie et la mort, un espoir se glisse, je le sais. Chaque jour qui passe, il me nourrit. Il est là, autour de moi, je sens sa présence. Grâce à lui, je continue de marcher, de travailler, de vivre, respirer. Le temps passe, il est vrai, mais je comprends aujourd’hui, en vous écoutant qu’un jour je pourrai mourir d’une belle mort. Cette chose dans mon corps deviendra un mythe qui ne m’atteindra jamais.

— Suivez-moi. Demain quand vous vous réveillerez, vous pourrez vous dire tout haut, « j’ai battu le Cancer ».

John Steelwood 28 Juillet@2011

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Je dépose mes rêves à tes pieds.

Ils ne me servent plus depuis longtemps.

Ils sont tout froissés, un p’tit peu usé.

Alors, à quoi peuvent-ils me servir maintenant ?

Je me sus laissé entraîner dans ce flot de réalité.

Enfermé mon futur dans un passé écrit à l’avance.

Emporté sur un navire, aujourd’hui en errance.

Alors, à quoi peuvent me servir ces rêves oubliés ?

Prends donc mon cœur, c’est tout ce qu’il me reste.

Il contient des bouts de nous, de la nostalgie.

Il aimerait pleurer, mais les larmes lui manquent.

Alors, à quoi bon rêver, quand les vannes sont closes ?

JS – 26 janvier 2012 (pensées illusoires)

Gaëlle DUPILLE

​Après avoir découvert « Simetierre », de Stephen King, alors qu’elle avait 11 ans, Gaëlle décide de se mettre à l’écriture et de devenir un jour auteur. Inspirée par des films comme Shining, Les Griffes de la nuit, Fog ou Alien, elle se découvrira un goût immodéré pour l’horreur, la science-fiction et le fantastique.

Parmi ses auteurs préférés se trouvent Stephen King, bien entendu, mais aussi Isaac Asimov, George Orwell, Lewis Caroll, E. A. Poe et H. P. Lovecraft.

Elle est la créatrice et l’éditrice des Editions de L’Imaginarius.

Elle est la créatrice du projet « L’Invasion des Grenouilles« , destiné à promouvoir les auteurs de SFFF francophones dans les pays anglophones et à changer l’image de ces genres en France, où ils sont injustement sous-estimés.

Elle est également l’organisatrice des opérations « Le 1er septembre, j’achète un livre/ebook de SFFF/horreur francophone », de « Les auteurs de SFFFH ont du talent » et « Je déclare ma flamme à la SFFFH francophone », destinées à promouvoir la littérature de SFFFH francophone en France.

Elle a longtemps vécu entre la France et Montréal.

Retrouvez-la sur sa page auteur Facebook, son blog et son site Internet.

BIBLIOGRAPHIE :
– « Okango, la malédiction des oiseaux », novella, recueil « Histoires de bêtes féroces », Editions de L’Imaginarius, janvier 2013.

– « Lucy », nouvelle, recueil « Naissance », juillet 2013.

– « La première colonie », nouvelle, éditions L’Ivre-Book, septembre 2013.

– « Le Cysgodion », nouvelle, recueil « Les Contes de l’Ombre »,  octobre 2013

– « Le retour », nouvelle, « Ecce » (webzine), numéro 1, mars 2014.

– « ADG », nouvelle, « Anthologie 2014 » , recueil collectif, éditions Long Shu Publishing, avril 2014.

– « La main du diable et autres contes macabres », recueil de nouvelles, éditions L’Ivre-book, juin 2014.

– « Le Magicien », novella, éditions L’Ivre-book, septembre 2014 (à paraître également en 2015 dans le fanzine québécois « Horrifique »).

– « La main de la vengeance », novella, « Horrifique » numéro 104, janvier 2015.

– « Aeternitas », nouvelle, à paraître en 2015 dans le fanzine québécois « Horrifique ».

John STEELWOOD

 

« Je me nomme John Steelwood et je suis un pseudo. Je suis né en 1991, mais je suis plus âgé, car je ne suis qu’un succédané d’humain. Celui qui m’a crée préfère se cacher dans l’ombre et observer le monde. Il m’a laissé cette tâche d’écrire des histoires horrifiques, des récits où trembler ne suffit pas pour calmer ses peurs. Armé de ma hache, je débite les corps dans mes histoires, je raconte la vie telle qu’elle est, cruelle, sans pitié et souvent, l’impossible surgit pour saisir le lecteur aux épaules et l’entraîner dans les geôles de l’enfer.

Je vénère Lovecraft et King, j’aime me délecter des écrits de Barker et de Koontz. Que dire de plus sur moi si ce n’est que j’écris tous les jours. J’écris depuis longtemps, et je continuerai tant que mes mains le permettront. »

BIBLIOGRAPHIE :

– Problème réglé Monsieur Grilensön, dans La Fanzilettre

Tout pour la rejoindre, dans le recueil de la bataille des dix mots 2012

Ma fille, dans le recueil de la bataille des dix mots 2013

– Lupus in the sky destroy, Hors-série N°2 de l’Imaginarius (en numérique)

– Brigades canines, Hors-série N°3 de l’Imaginarius

– Mécanique, Zine Autres Mondes N°8

– Au seuil de l’Enfer, dans la revue Horrifique 97 (2013)

 Les nouveaux cafards, dans une anthologie zombies aux éditions Elenya (2013)

– Quand tu seras grand, tu seras magicien, Short Stories Store – Vide Poche (2014)

– La voix, aux éditions l’Ivre Book (à paraître)

– Zochra, dans « L’anthologie 2014 », chez Long Shu Publishing (2014) (également Anthologiste)

– Doppelgänger, dans « Nouvelles Peaux » aux éditions Luciférines (2014)

– Largo, dans Absinthe #14 (2014)

– Worms, dans une anthologie Super héros aux éditions Elenya

– Le prix de la liberté, dans une anthologie aux éditions Rivière Blanche (à paraître)

– Lupus in the sky destroy, dans la revue Horrifique #105, janvier 2015

– Le condamné à lire, ECCE Octobre 2014

 – L’homme de sang, roman aux Editions Kirographaires (2012)

Sous Jean-Marc Renaudie :

– À l’aube d’un nouveau jour, dans la revue Facteur X (Marshall Cavendish édition en 2000)

– Mangez du fer, dans Marmite et Micro-onde N°8 (juin 2003)

– L’écrin, dans Autres Mondes N°3

– Quand les robots moissonneront à leur tour, dans Le Souffle d’Eden N°1 (2011)

– Coin de lecture post-nucléaire, dans le Souffle d’Eden N°2 (2011)

– Je suis d’acier, dans le Souffle d’Eden N°4 (2012)

– Au cœur des fjords, éditions Les Fossoyeurs de Rêves (2014)

Livres jeunesse :

– Le cerf et la princesse, Mon Petit Editeur (2011)

– L’enfant de Vrobor, La porte littéraire (2012)

Recueil :

– Robots, éditions les Fossoyeurs de Rêves (2014)

Ses pages Facebook :

– John/JMR : https://www.facebook.com/pages/Jean-Marc-Renaudie-Auteur-Romancier/101980559852900

 – Stephen King : https://www.facebook.com/pages/Stephen-King-France/189666087739303

Romain BILLOT

Avant de fonder la revue de l’étrange et de l’imaginaire, Freaks Corpen 2009 et la DTF (Ligue de Défense Transatlantique du Fantastique) en partenariat avec le fanzine Nocturne CE, ce bibliophage précoce a sévi dans les étagères de son paternel : le marquis de Sade, Edgar Allan Poe, H.P.Lovecraft, Stephen King, Clive Barker, les revues comme Pilote, Mad Movies, Fantastik ainsi que les comic books d’horreur Creepy, le manoir des fantômes et Tales from the Crypt ramenés par son père d’un séjour linguistique en Angleterre, vont le marquer à jamais.

Bercé par les films kitch de la Hammer comme d’autres ont pu l’être par les dessins animés Walt Disney, l’enfant terrible créa son cabinet des curiosités et sut que de « toutes les horreurs qu’en rêve il avait créées », il voulait faire son métier…

En 2007, il publie un poème en prose Le Funambule-araignée dans la revue universitaire Némésis et obtient son Master de lettres à l’université de Bourgogne. Après ses études, il décide de se consacrer exclusivement à son amour du fantastique et des mauvais genres avec la publication trimestrielle de Freaks Corp. et l’écriture de nouvelles qui seront publiées des deux côtés de l’Atlantique, notamment un thriller fantastique sanglant « Le visage de la bête » publié dans le vingtième numéro du Codex Atlanticus : Anthologie permanente du fantastique à La Clef d’Argent et dans la plus vieille revue du genre canadienne Horrifique (prix Merlin 2012).

En 2012, après avoir vécu en Bourgogne, il retourne s’installer au pied du Plomb du Cantal pour renouer avec ses origines et y trouve sa principale source d’inspiration dans ses grands espaces sauvages et solitaires.

En 2013, il sort son premier recueil d’histoires fantastiques Les Contes du Grand Veneur chez son compatriote auvergnat L’Ivre-book éditions numériques. En parallèle ses textes horrifiques se succèdent dans diverses anthologies (Sang, Tripes et Boyaux aux éditions de la Porte Littéraire,Ténèbres 2013 chez Dreampress, 2014 chez Long Shu Publishing et Calling Cthulhu chez L’Ivre-Book), des Webzines (Nouveaux Mondes, L’Imaginarius, le Flash Info de l’imaginaire de l’écrivain Jean-Pierre Planque) des revues françaises (Etherval, La Salamandre de Marc-Louis Questin) et québécoises (Brins d’éternité, Horrifique d’André Lejeune).

Un autre recueil de nouvelles et un roman sont prévues pour 2015…

BIBLIOGRAPHIE :
RECUEILS :

– Les Contes du Grand Veneur (recueil jeunesse) Ivre-Book éditions numériques, avril 2013.

– Les Prédateurs de l’ombre (A venir 2015)

ROMAN :

– Journal d’un laissé-pour-compte (A venir 2015)

NOUVELLES :

 – In Tenebris. Anthologie « Calling Cthulhu », chez L’Ivre-Book éditions numériques, avril 2014. (A venir). Fanzine Horrifique N°86 (Québec), décembre 2012.

 – L’esprit de camaraderie. Fanzine Horrifique N°101 (Québec), 2014.

– L’expropriation. Anthologie 2014 chez Long Shu Publishing, avril 2014.

– Le phare au cœur des brumes. Revue Etherval N°3, automne 2013.

– Impasses des Chrysanthèmes. Anthologie Ténèbres 2013, chez Dreampress, mars 2013

– Délivre-nous du mâle. Webzine Nouveau Monde N°2, avril 2013. Fanzine Horrifique (A venir)

– Fait comme un rat. Revue Brins d’Éternité N°34 (Québec), février 2013.

– Le sang des Aïeux. Hors-série bonus du N°4 de l’Imaginarius, le petit journal du fantastique, février 2013.

– Entre chien et loup. Anthologie Fan 2 Fantasy : Sang, tripes et boyaux, chez la Porte Littéraire, janvier 2013.

 – Samah, Hors-série N°1 de L’Imaginarius : le petit journal du fantastique, décembre 2012. Fanzine Horrifique (A venir)

 – Bloody sabbath. L’Imaginarius : le petit journal du fantastique N°3, octobre 2012.

 – Nous sommes le crépuscule. L’Imaginarius : le petit journal du fantastique N°2, Août 2012. Fanzine Horrifique (A venir)

 – Question de confiance. Flash-infos de l’Imaginaire, juin 2012. Fanzine Horrifique N°98 (Québec), décembre 2013.

 – Sur le seuil. Revue La Salamandre N°16, 2012. Webzine l’YmaginèreS, octobre 2012. Fanzine Horrifique N°99 (Québec), décembre 2013.

 – Le visage de la bête (Prix Merlin 2012) Freaks Corp. N°0, 2009. Anthologie Codex Atlanticus N°20, 2011. Fanzine Horrifique N°80 (Québec), 2012.

 – La Communauté. E-Book La Bataille des 10 mots, 2011.

 – Métropolis. Fanzine Freaks Corp. N°4, 2010.

 – Jeux d’enfants. Fanzine Freaks Corp. N°1, 2009. Webzine l’YmaginèreS, octobre 2012.

 – La cité sans nom. Fanzine. Freaks Corp. N°0, 2009.

 – Le funambule-araignée. Revue Némésis N°12, 2007.

 – D’AUTRES MONDES : le rêve et ses implications mythiques chez Poe, Kafka et Trakl. Thèse/Mémoire, 2007.

Moyens-Métrages :

SAEVITIA, réalisation, scénario, montage, 2008.

(Projection publique lors du festival de l’imaginaire l’Ecrit de la fée à Dijon)

Summer Scream, réalisation, scénario, montage, 1999.

Histoire de zombies (3)

Episode précédent (2)

Journal, entrée du 28 Janvier 2045, 15h07

Marre, marre, marre.

J’ai la tête qui va exploser. Voilà plus de cinq heures que je fouille dans mes livres à la recherche d’une information qui me permettrait de me débarrasser de ces zombies, mais je n’ai rien trouvé. C’est quand même une situation à se taper la crâne contre les murs, cela va faire plus de vingt ans que j’entasse des livres traitant de divers sujet : médicaux, monstres, guerre. Seulement, je me rends compte aujourd’hui qu’il me manque les principaux : ceux parlant des morts-vivants.

Maintenant que le réseau internet est hors-service, je n’ai plus aucune possibilité de me renseigner sur ce sujet. Je réalise combien j’étais dépendant de cette toile et combien, aujourd’hui, celle-ci me manque. Je pourrais rallumer mon ordinateur portable, et ainsi tenter ma chance, mais à quoi bon ! Je perdrais mon temps.

Quand je pense qu’un ami m’a proposé juste avant cette invasion de me prêter « Guide de survie en territoire zombie », et que j’ai décliné l’offre sous prétexte que je travaillais sur un autre sujet. J’en rirais presque si ce n’était si tragique. Croyez-moi, si ce n’est pas faire fausse route d’avoir agi ainsi, alors je ne m’y connais pas. Au final, je me dis que je dois être l’homme le plus malchanceux au monde pour vivre encore au milieu de ces morts-vivants.

Une nouvelle fois, je me demande si le mieux ne serait pas de me pendre, tant que j’en ai encore la force. Car quand la nourriture manquera, si je reste ici, alors la fatigue me gagnera rapidement. Même en buvant exclusivement de l’eau, je ne tiendrai pas longtemps. J’ai besoin de mon apport de protéines. Un bon steak saignant, j’en salive rien que d’y penser. Mais non, la barbaque en ce moment, je n’en ai pas, seuls ces zombies en dévorent encore et encore, sans jamais être repus.

— Resaisis-toi.

Je m’entends prononcer ces deux mots, et j’hésite encore à leur attribuer un sens. Je ne verserai pas dans la philosophie, elle est morte avec ce monde, pourtant la peur de vivre seul me taraude, mais un questionnement plus fort germe dans mon esprit : L’espoir qu’ailleurs une personne possède une réponse pour tout arrêter.

C’est pourquoi je ne dois en aucun cas me désolidariser. Il me serait facile de nouer un drap, de l’enrouler à une poutre. Par contre, ce dont je suis moins sûr, c’est de la suite. Je ne m’imagine pas debout sur une chaise, tremblant de tout mon être, songeant que ma vie ne se conjugue plus au présent, mais au passé.

— Au passé décomposé, oui !

De vivant, je deviendrais zombie et je resterais jusqu’à la fin du monde, pendu à cette poutre, gesticulant dans tous les sens, incapable de me défaire. La belle affaire. Non ! Je ne résoudrai pas à fermer les paupières et me jeter dans le vide, pas encore. Je n’écarte cependant pas cette éventualité, car quand mon esprit commencera à flancher, alors je choisirai de mourir pour tout oublier, car vivre avec ses souvenirs me deviendrait intolérable.

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Journal, entrée du 28 Janvier 2045, 00h05.

Je ne dors plus depuis trois nuits. Les zombies n’arrêtent pas de tambouriner contre la porte, les volets et les murs. Les coups pleuvent. Parfois, j’ai la sensation que la maison tout entière tremble sur ses fondations. Si seulement le vacarme cessait la journée, histoire que je récupère, que je dorme un peu, mais non, ils sont inusables, ils se comptent par centaines et surtout, j’ignore encore comment je vais me dépêtrer de cette situation.

Les placards de la cuisine se vident au fil des jours. Je vais bientôt entamer le restant de céréales, et si la nécessité me saisit au ventre, alors je sortirai le sac de croquettes de Bobby, mon chien. Il était mon unique compagnon, et depuis sa mort, j’erre seul dans ces pièces. Cependant, le plus inquiétant n’est pas cette solitude qui pèse sur moi, mais le rationnement de l’eau.

Sans doute ne devrais-je pas me fier aux informations qui ont été diffusées avant l’arrêt des transmissions télévisées, mais depuis l’annonce concernant une possible contamination des nappes phréatique, boire de l’eau du robinet m’est tout bonnement impossible.

Je ne me lave plus d’ailleurs, je dois sentir le fauve et au final, je me demande si ce n’est pas cette odeur qui les excite. D’ailleurs, hier matin, j’ai testé ces enfoirés de zombies. Je me suis déplacé dans divers endroits de la maison, histoire de voir comment la horde meuglant à l’extérieur réagirait et j’ai été stupéfait de constater qu’à chacun de mes déplacements, les zombies suivaient aveuglement ma trace.

Je compte creuser l’idée d’une possible traque axée sur l’odeur. J’ai pas mal d’encyclopédie dans mon bureau, peut-être que j’y découvrirai une solution-miracle. Je sais, il ne faut pas rêver, mais l’imagination est tout ce qu il me reste.

Pour en revenir au rationnement, les personnes me connaissant – même si elles sont probablement toutes mortes à l’heure actuelle –savent combien je suis prévoyant. Juste avant que le monde ne plie face à ce cancer généralisé qu’est le zombie, j’ai accumulé dans mon cagibi une dizaine de packs d’eau minérale. Pas besoin d’être mathématicien pour comprendre qu’avec six bouteilles par packs et une bouteille par jour, ma présence dans cette maison ne dépasserait pas les soixante jours.

Et là, à chaque fois que j’ouvrais la porte de la réserve, le constat tombait, imparable ; le stock diminuait inlassablement. À cette heure, il me reste encore cinq packs, juste de quoi tenir un tout petit mois.

Pour compléter ce tableau pathétique, je ne conçois pas ma vie ailleurs pour l’instant, malgré le risque de pénurie d’eau. Car comme je l’ai précisé, je suis écrivain, et non un aventurier capable de découper en rondelles un zombie avec un couteau suisse. D’ailleurs, je ne possède pas de couteau suisse. Bref, les idées, j’en ai pour mes livres, mais pour ma vie, c’est une autre histoire.

Avant de fermer mon journal pour ce soir, je reviens sur ce point concernant l’odeur. En fait, je crois que j’ai saisi une idée au vol, car je suis persuadé que les zombies me reniflent au travers des murs.

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