Histoire de zombies (3)

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Journal, entrée du 28 Janvier 2045, 15h07

Marre, marre, marre.

J’ai la tête qui va exploser. Voilà plus de cinq heures que je fouille dans mes livres à la recherche d’une information qui me permettrait de me débarrasser de ces zombies, mais je n’ai rien trouvé. C’est quand même une situation à se taper la crâne contre les murs, cela va faire plus de vingt ans que j’entasse des livres traitant de divers sujet : médicaux, monstres, guerre. Seulement, je me rends compte aujourd’hui qu’il me manque les principaux : ceux parlant des morts-vivants.

Maintenant que le réseau internet est hors-service, je n’ai plus aucune possibilité de me renseigner sur ce sujet. Je réalise combien j’étais dépendant de cette toile et combien, aujourd’hui, celle-ci me manque. Je pourrais rallumer mon ordinateur portable, et ainsi tenter ma chance, mais à quoi bon ! Je perdrais mon temps.

Quand je pense qu’un ami m’a proposé juste avant cette invasion de me prêter « Guide de survie en territoire zombie », et que j’ai décliné l’offre sous prétexte que je travaillais sur un autre sujet. J’en rirais presque si ce n’était si tragique. Croyez-moi, si ce n’est pas faire fausse route d’avoir agi ainsi, alors je ne m’y connais pas. Au final, je me dis que je dois être l’homme le plus malchanceux au monde pour vivre encore au milieu de ces morts-vivants.

Une nouvelle fois, je me demande si le mieux ne serait pas de me pendre, tant que j’en ai encore la force. Car quand la nourriture manquera, si je reste ici, alors la fatigue me gagnera rapidement. Même en buvant exclusivement de l’eau, je ne tiendrai pas longtemps. J’ai besoin de mon apport de protéines. Un bon steak saignant, j’en salive rien que d’y penser. Mais non, la barbaque en ce moment, je n’en ai pas, seuls ces zombies en dévorent encore et encore, sans jamais être repus.

— Resaisis-toi.

Je m’entends prononcer ces deux mots, et j’hésite encore à leur attribuer un sens. Je ne verserai pas dans la philosophie, elle est morte avec ce monde, pourtant la peur de vivre seul me taraude, mais un questionnement plus fort germe dans mon esprit : L’espoir qu’ailleurs une personne possède une réponse pour tout arrêter.

C’est pourquoi je ne dois en aucun cas me désolidariser. Il me serait facile de nouer un drap, de l’enrouler à une poutre. Par contre, ce dont je suis moins sûr, c’est de la suite. Je ne m’imagine pas debout sur une chaise, tremblant de tout mon être, songeant que ma vie ne se conjugue plus au présent, mais au passé.

— Au passé décomposé, oui !

De vivant, je deviendrais zombie et je resterais jusqu’à la fin du monde, pendu à cette poutre, gesticulant dans tous les sens, incapable de me défaire. La belle affaire. Non ! Je ne résoudrai pas à fermer les paupières et me jeter dans le vide, pas encore. Je n’écarte cependant pas cette éventualité, car quand mon esprit commencera à flancher, alors je choisirai de mourir pour tout oublier, car vivre avec ses souvenirs me deviendrait intolérable.

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