Les écheveaux de la vie

Les écheveaux de la vie

Errance ; chercher sa route et marcher dans un brouillard épais et tenter de percer ce mystère qui me cloue au sol et rester là, sans un mot, le cœur blessé, sont des faits qui me déchirent chaque jour un peu plus. Face à moi, un no man’s land s’est dessiné, il irrigue mes visions, me noie dans un océan de sable aux notes atomiques. Depuis plusieurs mois, les écheveaux de la vie se détissent inlassablement, faisant battre mon cœur à le voir chavirer, oppressant tout mon être, mes songes, mes envies, mes espoirs ; je sens d’ailleurs l’âpreté d’un feu dévastateur inonder mon âme, il vient balayer des décennies de souvenirs et réduire en cendres ce qui reste encore de moi.

C’est-à-dire : presque rien.

Le destin, pragmatique, m’a effacé de cette équation que je tentais de résoudre depuis si longtemps : celle de la vie. Aujourd’hui, je n’existe plus, enfin, plus vraiment. Pourtant, je suis encore là, je respire, je parle, je vis, mais mon existence n’est plus qu’une façade, un morceau de tissu cousu de fil blanc. Le temps file et les écheveaux de ma vie ne sont pas plus épais qu’un papier de cigarette et bientôt, ce feu qui chemine dans les entrailles de mon esprit, annihilera à jamais ce rien ridicule qui me tient encore éveillé ; encore réveillé.

Ces fils, je les sens glisser dans mes paumes, j’ai beau essayer de les retenir, ils s’enfoncent dans ma chair, me tailladent et meurtrissent ce qui reste de moi. Des écheveaux de ma vie, je sais qu’aucune goutte de sang ne viendra entacher mon départ, car mon sang est en train de pourrir dans mes veines et, lentement, je me décompose sous les regards de mes amis ; la famille, je n’en ai plus.

Je suis pourtant affamé, mais à cette heure où je couche ces mots, plus rien n’arrive à étancher ma soif de vivre, tout ce que je touche se dissout en un instant, mes pensées deviennent de plus en plus furtives et je sais, d’ici une poignée de minutes, qu’elles m’échapperont, destin implacable.

Mon avenir, je le connais. Bientôt je vais m’endormir et cet autre qui sommeille en moi continuera d’errer sur cette terre, parmi les vivants, en compagnie des morts.

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