Addendum N°3 – Mémoire de Romero – La fringale des zombies

Addendum N°3 – Mémoire de Romero – La fringale des zombies

Second extrait du document écrit par le professeur Romero. Lors de son voyage sur l’île de Java, il remarque l’insatiable besoin de manger des zombies. Il les examina sous toutes les coutures et dut en disséquer quelques-uns pour comprendre leur fonctionnement interne.

==> Début de l’extrait du document

…/absolument incroyable. Ce zombie a dévoré en l’espace d’une heure la masse de viande qu’un homme en bonne santé mettrait des jours à avaler. Nous allons passer à la seconde étape du processus pour comprendre les raisons de cette boulimie. Le hachoir suffira pour… /…

…/Le corps est allongé sur la table de vivisection(1) Trois entailles ont été pratiquées sur le spécimen afin d’accéder au système digestif. L’estomac est d’allure normale, l’œsophage ainsi que le côlon transverse ne présentent aucune anomalie. Seul le pancréas semble avoir été affecté par la non-mort de l’individu, l’organe est anormalement noir et nécrosé, sans doute à cause de décomposition des tissus …/…

…/pancréas produit des enzymes pancréatiques, ces derniers pénétrant dans le duodénum (via le canal de Wirsung(2)) auraient dû être activés par les sucs gastriques. J’emploie volontairement le conditionnel, car dans le cas qui nous intéresse (N°17), l’activité gastrique est réduite à néant(3).

enfer-des-zombies-1979-02-g

Pour schématiser, l’absorption, la digestion et l’évacuation, se déroulent ainsi : « À chaque bouchée, la nourriture glisse lentement dans l’œsophage, et tombe directement dans l’estomac, avec pour seule résistance les parois internes des différents tubes et organes. Le pancréas n’effectuant pas son travail, cela entraîne une mauvaise digestion et une mauvaise absorption des aliments. En s’accumulant, ces derniers provoquent (après une ingestion continue) un déchirement de la paroi stomacale, voyant ainsi les aliments finir leur cheminement dans l’organisme (et contaminant l’ensemble du métabolisme). La nourriture non digérée restera des jours avant que la paroi abdominale ne cède à son tour, provoquant un lent pourrissement interne du zombie.(4) S’ensuivra un déversement des aliments en dehors du corps. »(5)

…/cru au départ qu’il s’agissait d’un problème purement protéique, mais depuis ce matin tout a changé. Nous avons, malgré le danger de l’opération, ouvert le crâne d’un zombie encore « vivant », pour en comprendre le fonctionnement./…

…/ Je n’ai pas les outils nécessaires pour analyser l’activité la structure, c’est pourquoi après une série de tests, je découperai l’hypothalamus en fines lamelles afin de les analyser à mon retour sur le continent…/… le test 34(6) n’est pas concluant, nous passons au suivant. Deux électrodes sont maintenant plantées dans la partie bilatérale de l’hypothalamus. Nous démarrerons à quatre microvolts…/

…/corps n’arrête pas de bouger, mais pas de manière spasmodiques. Le mort-vivant tente de se dégager, nous allons une nouvelle fois devoir détruire l’hypothalamus. Je sais maintenant qu’elle est la clef de la fringale, reste à savoir comment la maîtriser.

 (1) NDT : Le professeur Romero utilisera à de nombreuses reprises le terme « vivisection » lorsqu’il parlera d’autopsier le corps d’un mort-vivant. Considérait-il les zombies comme des animaux ? Seul, le professeur pourrait apporter une réponse, mais pour des raisons inconnues, il n’a jamais daigné répondre à cette question.

(2) NDT : Lors des premières observations, le professeur a conclu que le canal de Wirsung pouvait être, dans certains cas, le responsable de la fringale des zombies. Au départ, le professeur et son équipe ont effectué des autopsies sur des corps de zombies immobiles (la tête tranchée la plupart du temps) et à chaque fois, le canal de Wirsung se trouvait être resserré à la base de l’estomac, empêchant ainsi le pancréas de jouer son rôle. Les autopsies sur des morts-vivants en mouvement changèrent cet état de fait, et le professeur Romero se pencha alors sur le dérèglement des sucs gastriques.

(3) Note du professeur Romero : C’est à croire que les zombies souffrent d’un dérèglement des cellules G. Habituellement, ces dernières sécrètent la gastrine, une hormone permettant la régulation des sucs gastriques. Mais là, à la manière d’un patient en état de veille, atteint d’anachlorhydropepsie (absence de pepsine et d’acide gastrique), les protéines du bol alimentaire de l’estomac du N°17 ne sont pas détériorées

(4) Note du professeur Romero : L’ingestion régulière de viande humaine amène au zombies son lot de protéines. Notamment l’actine pour les cellules musculaires et la myosine jouant un rôle dans la contraction musculaire. Cependant, l’engloutissement monstrueux de toutes ses protéines ne servirait à rien sans ces enzymes qui déclenchent de manière exponentielle des réactions chimiques au cœur du métabolisme.

(5) Note du professeur Romero : Après un tel enchaînement, les blessures et l’état de l’estomac auraient dû une fois de plus arrêter cette fringale, mais il semble que nous ayons une fois encore emprunté une mauvaise direction.

(6) NDT : Au total, le professeur Romero utilisera une trentaine de cobayes sur lesquels il pratiquera une batterie de 80 tests (soit plus de 6400 tests). L’un des hommes l’ayant accompagné dans l’île de Java aurait raconté à l’unique revue scientifique indonésienne, que le professeur Roméro aurait pratiqué des tests comparatifs sur les membres du groupe ethnique. Au jour où est imprimé ce livre, nous n’avons découvert aucune trace de cet article.

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