Shadows Over Main Street

Fan de Lovecraft et des dessins de Vincent Chong

Vincent Chong Illustration & Design Blog

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Here’s an interior illustration I did for Shadows Over Main Street: An Anthology of Small-Town Lovecraftian Terror.  The anthology features twenty stories and poems and includes a foreword by Ramsey Campbell, as well as artwork by various illustrators.  It’s published by Hazardous Press and is available now in ebook and paperback editions.

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Chronique express livre : Mr Mercedes de Stephen King

« Mr Mercedes » de Stephen King

Mr Mercedes

Fiche technique du livre

Sortie le 05 Février 2015

Editions Albin Michel

Traducteurs : Océane Bies et Nadine Gassie

475 Pages

ISBN 978-2-226-31468-0

Prix en 4ème de couverture : 23,50 €

Quatrième de couverture :

Foncer sur une foule dans sa SL 500 12 cylindres : le moment le plus grisant de la vie de Mr Mercedes. Et le carnage lui a tellement plu qu’il n’a qu’une envie : recommencer. Au plus vite…

Délaissant le fantastique, Stephen King se glisse avec une jubilation contagieuse dans le moule du polar. Revenu de tout mais toujours tenace, son inspecteur Bill Hodges rejoint les figures emblématiques du roman noir américain.

« James Cain aurait sûrement apprécié. » Washington Post

Résumé d’Albin Michel :

Midwest 2009. Un salon de l’emploi. Dans l’aube glacée, des centaines de chômeurs en quête d’un job font la queue. Soudain, une Mercedes rugissante fonce sur la foule, laissant dans son sillage huit morts et quinze blessés. Le chauffard, lui, s’est évanoui dans la brume avec sa voiture, sans laisser de traces. Un an plus tard. Bill Hodges, un flic à la retraite, reste obsédé par le massacre. Une lettre du tueur à la Mercedes va le sortir de la dépression et de l’ennui qui le guettent, le précipitant dans un redoutable jeu du chat et de la souris.

Ma note :

Hatchet b&W

Mon Avis :

Je vais démarrer par l’impression que j’ai ressentie en refermant le bouquin. J’ai relu le nom sur la couverture « Stephen King » et pourtant, j’ai eu la sensation de quitter un livre de « Richard Bachman » et Dieu sait que j’aime les livres écrits sous ce nom de plume.

Tout démarre avec ce flic à la retraite (mais un policier l’ait-il vraiment… totalement). Bill Hodge passe la plupart de son temps dans son La-Z-Boy et s’amuse parfois (trop souvent à son goût) avec son ancien flingue de service. Il songe souvent aux vieilles affaires non élucidées, notamment à celle impliquant une Mercedes SL-500. Ce qu’ignore Bill, c’est qu’il est observé par un homme, le vendeur de glaces. Mister Délice (alias Mr Mercedes) espionne Bill quand il passe dans le quartier en carillonnant pour attirer les clients, il espère un jour voir le flic enfoncer son pistolet dans la bouche et presse la détente. Le tueur à la Mercedes contacte Bill par courrier, lui le crèminel, s’étendra sur plusieurs pages, expliquant son geste, détaillant la scène et ajoutera « je ne ressens absolument aucun besoin de recommencer »

Bill n’y croit pas, pas après 40 années de services. Mister Délice l’invite à plusieurs reprises à mettre fin à ses jours avant d’ajouter à l’Off-Ret de le rejoindre « Sous le parapluie bleu de Debbie ». Son pseudo est prêt : kermitfrog19.

À partir de ce chapitre (page 37), tout va s’accélérer. Bill va se retrouver embarquer dans une histoire où il suspecte Mr Mercedes de préparer un nouveau coup, et ce malgré le courrier qu’il a reçu. Avec l’aide de Jérôme, un jeune noir habitant son quartier, et de Janey (sœur de la propriétaire de la Mercedes), Bill progressera lentement dans l’affaire du Tueur du City Center.

Sans en dévoiler plus, Stephen King a su nous entraîner dans une histoire où les aboutissants sont sans cesse en train d’évoluer. Comme le personnage permettant de tout désamorcer ! Inattendu. Mais ça, je vous laisse le découvrir. Sachez juste que Mr Mercedes est le premier livre d’une trilogie, le second roman sortira le 02 juin 2015 aux Etats-Unis : Finders Keepers

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 Autres liens à visiter :

Pages Stephen King

Chronique de « L’ami Odd Thomas » de Dean Koontz

Prix d’un eBook

Je suis un lecteur d’eBook (je possède d’ailleurs une liseuse depuis trois ans, une Sony Reader), la plupart des livres que je possède sont gratuits, offerts ou ne dépassant pas les 3 euros. Au-delà, j’ai franchement du mal à ouvrir le porte-monnaie, préférant me rabattre sur des formats papier. Comme je suis curieux par nature, je lance un sondage. Il n’a aucun but commercial, je ne vends pas d’eBook.

Chronique express : American sniper

American sniper

Fiche technique 

Date de sortie :  16 Janvier 2015 (USA) 18 février 2015 (France)

Réalisé par : Clint Eastwood

Avec : Bradley Cooper, Sienna Miller
Durée : 2h14min
Pays de production :  Etats-Unis
Année de production : 2015
Titre original : American sniper
Distributeur : Warner Bros Pictures France

Changement de registre pour Bradley Cooper, nous sommes loin des Very Bad Trip. Avec American Sniper, sans doute a-t-il joué son meilleur rôle à ce jour.

american sniper

Synopsis : Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de « La Légende ». Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : « Pas de quartier ! » Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

Pitch d’intro : Le film démarre sur une scène de guerre ordinaire en Irak. Chris couvre son équipe située dans la rue et aperçoit une femme et un enfant sortir d’un bâtiment. La femme semble cacher un objet sous ses vêtements. Quelques secondes plus tard, il constate qu’elle porte une grenade et la donne à l’enfant. Ce dernier se dirige vers l’unité postée dans la rue. (dans la réalité, Chris Kyle n’aurait tué que l’enfant) Premier cas de conscience pour Chris, il demande confirmation pour la grenade Russe, mais c’est a lui de juger. Le coup part et tue l’enfant. Un second coup mettra la mère kamikaze à terre.

Flashback.

On replonge dans le passé de Chris, quand il part chasser avec son père, puis progressivement , tout au long du film, on apprend à connaître cet homme, devenu une légende pour les Américains. Clint Eastwood a su nous montrer la colère qui a accompagné l’homme dans son envie de défendre les siens (la scène d’enfance où Chris défend son frère reflète bien l’état d’esprit de Chris), mais Clint Eastwood a également su pointer du doigt les dommages causés par la guerre : des deux côtés.

Côté Irakien, avec ces habitants pris entre les soldats (ici Américains), et les milices (notamment avec Le Boucher) Certaines scènes sont d’ailleurs représentatives de la torture pratiquée sur les personnes aidant les forces alliées.
Côté Américain, on découvre un Chris transformé par la guerre. Quand il rentre dans son pays, les scènes dénonçant le mal qui le ronge (Syndrome post traumatique, le terme n’est jamais cité).

La tension monte quand on comprend que Chris doit repartir en Irak pour la 4ème fois, afin de tuer le sniper insurgé Mustafa, ex-athlète olympique syrien (ce dernier n’aurait jamais existé)

Un bémol reste l’utilisation abusive du téléphone portable (via satellite) en pleine scène de guerre. Est-ce une réalité ou une exagération du scénariste ? À vous de juger.

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Autres chroniques à voir :

Extremely loud and incredibly close 

Blue eyed Butcher

Melancholia

The Divide

Cher moi

Ce texte est inspiré du projet « Dear me » où a participé mon auteur fétiche : Stephen King.

À l’occasion, je mettrai à jour mon Cher Moi.

« Cher moi,

Tu es surpris, je comprends. Bientôt 40 ans et je respire encore. Toi qui croyais que tu allais mourir avant tes 25 ans. Et bien, tu t’es mis le doigt dans l’œil. Je sais que la période actuelle est des plus sombres pour toi, que tu n’as qu’une envie : partir de cette maison, loin de nos parents et ne jamais revenir, mourir, quelque part, loin des tiens. Sache que d’ici deux ans, tu vas rencontrer une personne, tu vas la considérer tel un phare, il deviendra ton meilleur ami et c’est grâce à lui que tu vas émerger lentement de cette fange qui t’entoure. Cependant, cette rencontre ne t’empêchera pas de jouer avec la mort dans ta voiture, d’ailleurs, tu la frôleras de manière physique et significative à deux reprises, dont une fois sur une corniche surplombant Monaco (tu garderas en tête l’image de la ville des années et tu écriras une nouvelle sur cette expérience, « un fauteuil pour Monsieur Ingelton »).

En écrivant cette lettre, je me dis que tu es un putain de romantique. Il suffit de voir la manière dont tu aimerais disparaître : Tu rêves de mourir comme James Dean, mais au volant d’une voiture plus modeste (et oui, petit moyen, petite auto), seulement cela ne se produira pas. Tu verras, tu fixeras cette idée au fond de ton être, celle de ne jamais te coller derrière le volant d’une voiture puissante. Tu aimes la vitesse, mais tu ne le dis pas. Elle te grise, t’attire, l’idée persiste aujourd’hui : dans les deux sens.

Tu as 16 ans, et tu es seul, tu n’as pas de petite amie, même si tu y songes. Des filles prêtes attention à toi, mais tu sembles ne rien voir, surtout les blondes. Les blondes te révulsent et tu ne sais pas encore pourquoi. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Comprendre te fera grandir. Tout ce qui t’entoure n’est que ténèbres et mort. Tu ne vis pas dans la même réalité que les autres. Tes amis se demandent pourquoi tu te mets en retrait et tu n’oses pas leur avouer que tu réfléchis sur ta condition d’homme, car ils sont plutôt du genre à se soucier de leur acné et des Mobylettes. Chaque matin, depuis trois ans, tu penses à cette dent qui a bousillé ton adolescence, et à ses doigts qui ne cessent de se bloquer, et tu songes à la Norvège, à cette fille que tu as invitée à danser sur ce bateau de croisière et qui désirait passer un moment avec toi. Un simple moment que tu lui as donné, sans l’embrasser, car tu ne pouvais pas, à cause de cet accident. Je sais que tu as souffert et que tu souffres encore aujourd’hui en songeant à ça, mais sache que cette fille, tu la garderas en mémoire à jamais ; son visage derrière la vitre du bus, ainsi que ce geste qu’elle te lance. Un moment de bonheur dans une vie tourmentée, un instant qui te permettra de rester éveiller.

Je ne te parlerai pas de ce que l’on sait, tous les deux. De ces secrets inavouables. D’ailleurs pendant longtemps, j’ai cru que c’était à cause d’eux que tu voulais mourir (j’ai du mal à employer le je parfois, je ne me défile pas, je te le jure). J’ai eu tort. Il fallait juste les accepter, ce qu’aujourd’hui j’ai fait. Tu n’as plus aucune inquiétude à te faire sur ce point.

Pour tes études (je sais que tu t’en fous, que tu ne prêtes aucun intérêt aux résultats, mais je te le dis quand même), tu auras ton BEP, et ton BAC Pro avec mention (je dois avouer qu’à ce jour, je m’en fous toujours autant, cependant tu te souviendras de ce coup de téléphone pour t’annoncer les résultats, de ce haussement d’épaules que personne ne verra et de cette pensée qui traversera ton esprit : « je m’en doutais »). Tu iras ensuite à l’IUT, juste parce qu’on te dira que les bacs pro n’y vont pas. D’ailleurs, on te fera sentir que tu n’es pas le bienvenu. Trois bacs Troisro sur 110. Des gars qui pètent plus haut que leur cul, l’amphi en sera blindé. Ton DUT, tu le passeras à Nice, la cité des Anges et des richard.

Dans les couloirs d’université, tu ne te laisseras pas marcher sur les pieds par les filières générales. Tu provoqueras ce prof de compta et tu iras le voir pour lui balancer « Merci de m’avoir planté au devoir surveillé, 20/20, c’est dur quand même ». Il ne répondra pas, car il se souviendra du jour où il avait décidé de te réduire en miettes tout simplement parce que tu venais d’un bac Pro.

Après, tu passeras un entretien dans une grande école de commerce. 12 places à saisir, très convoitées. Sur dossier et entretien. Tu seras pris, mais tu refuseras de t’y rendre, car tu auras à cet instant, ta réponse.

Tu te demandes pourquoi je te dis ça, c’est pour te montrer que tu vaux quelque chose, que tu as une conscience et des valeurs. En ce moment tu crois que tu ne sers à rien, que ta vie n’a aucun sens. Je ne juge pas ton parcours, il deviendra le mien, mais quand tu verras les occasions se présenter pour entrer dans de bonnes écoles, dites « réputées », des chances que tu les refuseras, tu ne sauras pas encore qui tu es vraiment. Des propositions d’embauches vont suivre la plupart de tes stages, deux dans des sociétés reconnues mondialement, des propositions que tu déclineras, pourquoi ? Parce que tu avances en aveugle, sans attache et que tu as cette idée ancrée au plus profond de toi : celle que bientôt les lumières s’éteindront à jamais.

Tu te trompes. Je suis encore là. Je respire. Je suis vivant, donc, toi aussi.

Tu échapperas à la mort et ce qui est certain, c’est que tu n’échapperas pas au travail. Ne regarde pas cette phrase comme si je te traitais de fainéant, tu comprends ce que je veux dire. Tu n’as pas peur de bosser, ce qui t’inquiète c’est de le faire avec d’autres. Car finalement, tu n’accordes et tu n’accorderas, que très peu ta confiance aux gens que tu vas croiser. Pour l’avoir, ils devront montrer patte blanche et encore. T’inquiète, je suis toujours aussi parano à presque quarante balais. C’est ce qui, au final, nous a maintenus en vie.

Bref, pour en revenir au travail, tu partiras sur Paris avec des rêves et tu quitteras cette région sans avoir pu les réaliser. Trop accaparé par les cons qui sévissent dans la banque pour laquelle tu vas travailler, tu verras ta vie se transformer en lambeaux. La déchéance, tu vas la croiser, chez les autres, beaucoup. Chez toi, tu emporteras dans tes bagages des souvenirs neurotoxiques, des images qui te bouffent à l’heure actuelle et qui persisteront à te gangréner l’esprit des années entières. Aujourd’hui, je te rassure, j’ai réglé la plupart de ces problèmes. Paris, tu la quitteras comme on quitte une femme, sans un regard en arrière, et avec des regrets, oui, les seuls regrets dans ta vie, car tu l’aimais (et je l’aime encore) cette putain de ville, car elle n’est en rien responsable de tes rêves brisés. Tu devras t’en prendre à toi, rien qu’à toi. Désolé.

Tu l’as compris, j’ai démissionné de ce poste à la con où j’étais en contact permanent avec les traders, des brasseurs de frics roulant en Z3. L’urgence chez eux portait un nom : ASAP. As soon as possible, aussi tôt que possible, ce qui signifiait dans leur langue : « et vite sinon j’appelle mon supérieur qui… etc… etc… » Des blaireaux. Tu apprendras beaucoup avec eux, jusqu’où le mépris peut aller. Ce Paris là, je n’en ai que faire, je l’abandonne à toutes ces personnes sordides qui croiseront ta route durant ce périple dans le quartier de La Défense.

La seconde raison de ce divorce avec ce boulot est très simple. Tu te souviens quand tu avais neuf ans. Tu as écrit une histoire dans la veine des jeux de rôle dont on est le héros. Tu as dessiné les plans et tu as pensé que tu n’étais pas encore mûre pour écrire. Et bien aujourd’hui, tu écris des livres, pour la jeunesse, pour les plus grands aussi. Tu as quelques textes d’édités sous ton vrai nom, et d’autres sous un pseudo. Ce pseudo, tu vas le découvrir bientôt, il va naître cet été quand tu vas partir aux States. Je t’en dis pas plus, mais tu verras, tout redémarre là-bas, dans la ville de Lexington et quand tu visiteras Chicago.

Et oui mon gars, tu vas réaliser ton rêve, celui que tu as mis entre parenthèses neuf longues années. Mais bon, t’excite pas, c’est pas la panacée. Ce monde (celui de l’édition) n’échappe pas aux règles régissant les comportements de l’homme, il est infesté de requins. Tu en croiseras des deux côtés, éditeurs et auteurs (beaucoup plus de ce côté de la barrière 😉 ç c’est un smiley, le monde en est truffé de nos jours). Tu y perdras quelques  plumes, mais je te fais confiance, tu diras Amen quelques fois, mais ensuite tu prendras tes précautions.

Pour en revenir à tes débuts, tout s’enclenchera lors d’un stage pour Matra, tu n’es pas obligé de lire ce qui va suivre, mais c’est un tellement bon souvenir que je ne peux m’empêcher de te raconter.

Tout a démarré entre midi et deux, tu travaillais sur la programmation d’un autocommutateur et comme tu avais terminé le boulot vitesse grand V, tu t’es planté devant le moniteur de contrôle (un Minitel, d’ailleurs le Minitel n’existe plus aujourd’hui, ils l’ont retiré du service depuis l’an dernier) et tu as commencé à écrire, écrire, écrire, jusqu’à remplir la page. Tu n’avais pas d’imprimante, alors tu as tout repris à la main. C’était le début de ton premier roman « Parallèle », qui est devenu « d’un monde à l’autre ». Seule l’une de tes sœurs et ta femme l’ont lu.

Tu vois, je te surprends encore. Oui, tu es marié. Quant à tes sœurs, elles ne sont plus qu’un funeste souvenir aujourd’hui. Je te dirai rien de plus les concernant, je te laisse vivre ce qu’il s’est passé avec elles, quoi qu’il en soit, elles ne valent pas la peine qu’on s’attarde sur elles. Ça fiche un coup, je sais, toi qui croyais que… Mais bon, là tu vas te rendre au mariage de la plus grande, tu vas te poser des questions, et tu vas espérer. Tu vas déchanter, et pleurer.

Tu es donc marié et tu as deux enfants. On vit dans l’est de la France, loin du bruit qu’occasionne le reste de la famille. Comme je te l’ai indiqué plus haut, des cons tu en verras partout, pas seulement ailleurs (excuse, c’est une private joke, tu la comprendras quand tu seras en 2013 ma poule 😉 )

Sinon, je sais qu’en ce moment, la mort est ton amie. Elle danse dans ton esprit, mais bientôt, tu apprendras qu’il ne sert à rien de te punir à cause des autres. Tu es, paradoxalement, guidé par un espoir incroyable, je crois que c’est ce qui, au final, a manqué de nous effacer de cette Terre. Cette mort, tu vas la personnifier dans tes nouvelles, tu vas réaliser une véritable thérapie en te plongeant dans l’écriture et quand, des années plus tard, tu croiseras le chemin d’un thérapeute, tu auras cette réponse : « Vous avez très bien analysé votre situation. Ce n’est pas vous que je devrais voir au final, mais votre mère ». Oui, ta mère, notre mère. Tu écriras un livre sur votre relation. Tu vas la tuer « littérairement parlant » et tu vas réaliser une chose. Tu comprendras qu’elle n’était, comme toi, qu’une victime. J’aimerais te dire que j’ai des regrets d’avoir perdu tout ce temps pour en arriver à cette conclusion, mais tu le sais, nous avons ce principe de ne jamais rien regretter. Si ce n’est Paris. C’est ainsi.

En 2012, ta vie va exploser en plein vol. Tu voudras mourir à nouveau, tu souhaiteras anéantir tout ton travail, rêver que ta vie s’arrête, mais tes enfants, leurs visages, leurs présences, feront pencher la balance du bon côté. 2012, c’est loin pour toi, alors je te dis simplement : continue de parler à ton père quoi qu’il advienne. Même si tu penses qu’il ne t’écoute pas, profite de sa présence. Car quand le temps fige les pleurs, ils restent à jamais gravés dans le cœur, notre cœur. Pas de besoin de te faire un dessin, je sais que tu as compris.

Je ne vais pas m’attarder plus longtemps, tu en sais déjà trop. Ah oui, une dernière chose, quand tu iras aux States cet été, amuse toi et profite de la vie. Ce voyage va être primordial pour celui que je suis aujourd’hui. Tu y resteras un mois, le plus beau de ta vie d’adolescent.

PS : Ne change pas

Je t’aime ma poule.

John »

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Je vous invite à visiter ces autres rubriques :

Chroniques de mes écrits

Bourse financière de l’humain – Human Flesh Stock Exchange

Textes et autres concoctions

Collectif des Fossoyeurs de Rêves

Misery – Stephen King

Fous un écrivain à poil, fais le tour de ces cicatrices, et il te racontera en détail l’histoire de la plus petite d’entre elles. Les grandes sont à l’origine de tes romans, pas l’amnésie. C’est tout à fait utile d’avoir un peu de talent pour devenir écrivain, mais la seule chose qui soit absolument indispensable, c’est la capacité de se souvenir de la moindre cicatrice.

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Sylvain Johnson

Sylvain Johnson

Site Auteur

Sylvain Johnson partage sa vie entre le Québec et la Nouvelle-Angleterre. Auteur de quelques récits et nouvelles parus au cours des dernières années dans différentes revues (Solaris, Freaks, Horrifique), il a publié un premier roman (Le tueur des rails, Pop-Fiction) en 2010, quelques mois après avoir participé à une anthologie de nouvelles franco-américaines. Un thriller politico-fantastique est actuellement en préparation, aux Éditions Porte-Bonheur.

« L’écriture est une passion, le fantastique un moyen idéal pour exorciser les démons qui m’habitent. »

BIBLIOGRAPHIE :

Romans :

Le Tueur des Rails, Éditions Porte-Bonheur de Montréal (2012)

L’Esprit des Glaces, Éditions Porte-Bonheur de Montréal (2012)

Nouvelles  :

Le sanctuaire, webzine l’Imaginarius N°1 (juin 2012)

Combustion spontanée, webzine l’Imaginarius N°2 (août 2012) 

C’est l’heure du festin, webzine l’Imaginarius N°3 (octobre 2012)

Le cartel de Dijon et Main. E-book La bataille des dix mots de Bourgone,2011 (deuxième prix et prix spécial “Freaks”)

Le vol interrompu, revue Freaks Corp. N.6

La plage, revue Solaris N.177

 L’écrivain de l’Apocalypserevue Horrifique N° 73

– Cécité 

Le Médaillon d’IrisAnthologie Franco-Américaine Voix de Chez Nous.