Les mots disparaissent

Les mots disparaissent

Dur le réveil. Mauvais trip ou sale rêve, je l’ignorais jusqu’à ce que je me lève pour me diriger fissa dans mon bureau. En fait, je me suis planté grave. J’ai attrapé mon Larousse version XXXL, puis le gros Robert de 6 kilos et j’ai feuilleté l’ensemble pour tenter d’effacer les images qui trottaient dans mon esprit, pour essayer de me rassurer.

En vain.

Les mots coopération, action, aide, soutien et j’en passe, n’existent plus. Ils ont été purement et simplement enlevés des dicos. Comment ? Je l’ignore. D’ailleurs, mon gros Robert a perdu deux bons kilos et pas moins de quatre cents pages. À l’heure où j’écris ces mots sur mon blog, je songe à 1984, à Fahrenheit 451, et déjà parano à la base, voilà que j’ai la sensation d’être épié.

Je crois (j’ai été vérifié) apercevoir des caméras plantées au-dessus de l’armoire, juste là dans un coin un peu sombre, et puis ici aussi, juste dans l’espace entre le mur et une bibliothèque. Je crois, mais je sais qu’elles existent, qu’elles sont là, qu’elles apparaissent et disparaissent juste pour me rendre fou.

Le gouvernement a commencé à effacer les mots des livres, les romans pour la jeunesse (nous sommes nombreux à l’avoir remarqué depuis quelques mois) ont été simplifiés. Plus de Club des 5 façon Enid Blyton, juste un résumé, un putain de résumé. Bientôt les mots, que je qualifierais de primordiaux, disparaîtront de l’esprit des citoyens, ils ne sortiront plus de leur bouche. Liberté sera sans doute le dernier, pour l’instant il vit encore dans mes dictionnaire. J’ai passé mon doigt sur sa définition, je l’ai sentie palpiter, comme prise de convulsions.

Le réveil a été rude aujourd’hui, mais demain ? J’ai peur, peur d’oublier, alors j’écris… Sans doute en vain, car le gouvernement contrôle tout, le net, les vidéos, les sons, nos vies, nos morts… Dès ce soir, je commence à vider la pièce du rez-de-chaussée, je repeins tout en blanc et je barricade les fenêtres. Là, ILS n’arriveront plus à cacher leurs caméras BigB, ILS ne pourront pas intervenir sans que je les voie arriver avec leur grande seringue pour me faire entrer dans les rangs. Joyeux mouton !

Il faut que je prenne une grande bouteille d’eau et des cachets pour lutter contre le sommeil.

Je dois tenir… Je dois tenir…

Je vous invite à visiter ces autres rubriques :

Chroniques de mes écrits

Bourse financière de l’humain – Human Flesh Stock Exchange

Textes et autres concoctions

Collectif des Fossoyeurs de Rêves

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