Histoire de zombies (18) : Le binôme et le laborantin

Histoire de zombies (18)

Le binôme et le laborantin

Episode précédent : Le binôme entre dans le bâtiment

Dans le laboratoire P4

Sortir de ce mauvais pas, voilà la mission qui me soucie pour le moment. Okay, j’ai faim et soif, mais quitte à mourir, je tiens à ce que cela soit le ventre plein, loin d’ici. Une porte, unique issue me tenant éloigné des zombies, me sépare de la liberté – dans le contexte actuel, cette dernière n’est plus qu’une chimère, mais bon, il est toujours salutaire de se raccrocher à un repère, sous peine de sombrer dans la folie. C’est sans oublier le professeur de l’autre côté, je l’entends gémir. De plus, attendre plus longtemps ici ne me servira à rien, je serai mort bien avant le zombie de toute manière.

Je calcule le temps nécessaire à ma fuite et surtout, je regarde autour de moi, tente de dénicher l’objet qui me permettra d’asséner un coup sur le crâne de (feu ?) Guilliani. S’il n’est pas seul ? La possibilité, réelle, ne doit en rien me freiner dans mon envie de rejoindre l’extérieur.

Une soudaine baisse de lumière me rappelle que le laboratoire fonctionne depuis plus de deux heures sur le groupe de secours. Bientôt, la zone de décompression me séparant de la mort en marche, n’existera plus. Un coup d’œil sur les moniteurs et je comprends que le temps n’est décidément pas de mon côté. Sans doute y a-t-il eu un problème dans les réserves d’oxygène, le niveau alimentant ma combinaison approche du point critique, le black hole me guette et si, je ne parviens pas à m’échapper avant de tomber dans les vapes, alors autant tenter le tout pour le tout.

Je m’empare sans plus attendre d’un bec Bunsen, allume la flamme et reste un instant contemplatif devant la langue de feu. Les agents de niveau 3 présents dans la salle ne résisteront pas longtemps. Moi non plus, mais j’espère survivre. J’approche le bec d’un capteur de chaleur et je reste immobile, je patiente une dizaine de secondes, j’ai l’impression qu’une heure entière est en train de me dévorer de ses dents en forme de lames de rasoir.

Une voix préenregistrée se déclenche tout à coup. L’enceinte de confinement du laboratoire est rompue. Un gaz inerte se répand dans la zone de travail. Je pousse la porte, tente de l’ouvrir, mais rien. Je reste bloqué à l’intérieur. C’est à cet instant que je m’aperçois que l’oxygène a été coupé. Je n’arrive plus à respirer.

J’ai été champion d’apnée dans mon club, mais c’était il y a dix ans. Je cesse d’inspirer. Je sais que je vais mourir. Soudainement, j’entends un coup contre la vitre, Guilliani ? Je vois mes yeux s’écarquiller dans le reflet, prisonnier entre terreur et étonnement, je m’élance sans réfléchir pour finir ma course derrière un meuble renfermant des prélèvements et me cache.

P4 lab

Zone Tampon et couloir

Une explosion fait voler en éclat la première porte du sas de décontamination. Deux hommes lourdement armés pénètrent dans la zone, arrosent copieusement de 7.62mm le professeur Guilliani qui tombe face contre terre, le cerveau en bouillie. Romain s’approche de la porte du laboratoire, essuie le sang du hublot et aperçoit un homme dans une combinaison. Il cogne contre le carreau pour attirer son attention et prévenir d’un geste de la main :

— Reculez !

Aussitôt, Romain pose une charge de C4 et part rejoindre son binôme dans le couloir adjacent. L’explosion arrache des cris à la structure de l’immeuble, plus rien ne bouge. Le silence s’empare des lieux.

— C’était ça ton plan, faire tout péter et finir contaminé par je ne sais quelle merde de virus ?

Romain ignore les paroles de Sylvain et s’avance, l’arme braquée en direction de la zone tampon. Une silhouette se dessine et surgit, elle est retenue par un tuyau. L’homme prisonnier à l’intérieur suffoque, sa peau commence à virer au bleu.

— Aide-moi ! Il ne peut plus respirer.

Sans attendre, Sylvain sort un couteau de son attirail et coupe le cordon ombilical. L’homme s’effondre, perd connaissance.

— Tu penses vraiment que ce mec va être capable de résoudre le bordel actuel ?

— Je ne crois plus en rien, Sylv. Mais j’ai appris une chose dans la vie, tant qu’il existe une alternative, il faut la tenter, aussi stupide soit-elle.

— Ouais ! La stupidité semble une bonne solution pour tout rétablir, rétorque Sylvain, cynique. En attendant, il va falloir nous tirer de là et d’après ce que j’ai vu dehors. On n’est pas prêt de sortir le cul des ronces.

Romain enlève le casque du laborantin.

L’homme respire.

L’espoir est en marche.

Fin de la seconde partie

Episode suivant : Addendum N°4 : Bourse Financière de l’Humain (version Z)

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