Addendum N°4 – Bourse Financière de l’Humain (version Z)

Episode précédent : Le binôme et le laborantin

Addendum N°4 – Bourse Financière de l’Humain (version Z)

Certaines structures sociales et gouvernementales parviennent à survivre à l’apocalypse (nucléaire ou épidémique). La Bourse Financière de l’Humain, mise en place dans la première moitié du XIIème siècle, appartient à ces organismes encore existant à ce jour… mais sous un autre visage.

Avant le grand clash, avant le démarrage de la grande parade des morts, HSFE(1) était destinée à coter en bourse  le génome, les chairs, les organes, bref tout ce qui se rapporte à l’homme. L’organisme mondial est, à l’origine, géré par un socle de 180 membres, ministres des finances et de la santé des pays signataires de la charte pour le développement des manipulations génétiques. Il a perduré sous sa forme dite « classique » jusqu’aux premières apparitions des zombies et a laissé place à une tout autre structure, une sorte de HSFE Z, lorsque les gouvernements ont décrété l’État d’Urgence.

Le signe avant-coureur de la périclitation de la race humaine, personne ne l’a vue venir. Pourtant, à l’unité de temps 2.091, tout semblait indiquer que la déchéance de l’humanité approchait : « Attaque de sportifs de haut niveau : Un stock de bras et de jambes a été découvert non loin de Millau. Ils étaient destinés à une revente sur le marché noir, afin de répondre à la flambée des prix sur les bourses humaines mondiales. »

Concernant ce fait, il est rapporté que l’offre et la demande en chair humaine, diamétralement opposée(2), ont incité certains vendeurs à braver les lois et à assassiner sans vergogne des personnes saines. Dans la réalité, il s’agissait de morceaux humain abandonnés par des morts-vivants. Ils ont été découverts par un berger(3). Aussitôt, des lanceurs d’alertes avertirent les différentes antennes de la HSFE de l’attaque « mystérieuse », sans succès. L’argent échangé par les consortiums régentant les greffes occulta la raison des traders de chair. Le cours boursier s’envola, tandis que la mort en marche s’implantait lentement, mais sûrement dans les forêts de la Lozère et du Cantal.

Après cette première attaque, passée inaperçu pour les sphères financières, tout s’emballa. D’autres zombies envahirent le Sud de la France(4), c’est à partir de ce point charnière dans la vie des concitoyens, que la HFSE emprunta une toute autre direction, devenant définitivement Z.

Les magasins furent dévalisés, des incendies détruisirent nombre de bâtiments officiels et les denrées alimentaires s’avérèrent être la cause première des luttes opposant les survivants. Rapidement, le marché parallèle à la Bourse Financière de l’Humain, la HFSE Z, se matérialisa, toujours au niveau local, parfois régional. Des escouades(5) rapportèrent les premiers organes (foie, cœur) issus de mort encore « frais » et s’appliquèrent à nourrir leur communauté.(6)

(1) Human Flesh Stock Exchange ou Bourse Financière de l’Humain, instaurée en 2051, elle a été approuvée par l’ONU et OMC, afin de contrecarrer le trafic d’humain et les ventes d’organes sur le marché noir, notamment dans les pays en phase de déflation.

(2) Depuis plusieurs mois, les demandes d’implantations avaient augmenté de manière exponentielle, suite au conflit armé opposant l’Europe de l’est à l’Asie de l’ouest. Le taux de mortalité avec les mines antipersonnel étant passé sous la barre des 5%%, elles furent à nouveau autorisées par décret onusien, permettant de fournir du travail à plus de 25 000 personnes dans le monde. Les progrès en génétique et en architecture biologique appliqué à l’homme, justifiaient l’utilisation de ces armes longtemps décriées par l’AMP (Association of Mankind Protection – Association de la Protection de l’Humanité).

(3) Une source, préférant garder l’anonymat, nous a indiqué qu’une horde de morts est apparue non loin du viaduc de Millau, laissant présager une contamination locale (aujourd’hui nous savons tous que l’infection n’a épargné aucun lieu géographique, si ce n’est l’île d’Haïti(3 bis)). Cette même horde serait responsable des massacres des villages de Sainte-Rome-de-Tarn, Roquefort-sur-Soulzon et Sainte-Afrique.

(3bis) Le professeur Romero a écrit un livre concernant  les expériences pratiquées sur les habitants de l’île. Les chercheurs, ayant survécu, planchent sur une possible (mais non probable) sortie de crise. Maintenant, la question est : Pourquoi les habitants d’Haïti ne sont pas touchés ? Le mystère demeure entier.

(4) le phénomène s’est répété à l’identique sur l’ensemble des pays. Apparition des zombies dans des zones reculées (montagneuses, forêts denses…), attaques de villages, de bourgs, puis apparitions soudaines dans l’ensemble des zones urbanisées. Certains parlent de punition divine, mais une autre explication plus rationnelle est avancée par le professeur Guilliani (lire son essai philosophique « Expansion de la mort au travers de la chair », paru avant l’invasion aux Presses de la Science)

(5) Des dépeceurs de cadavres. Ils font également office de nettoyeurs.

(6) NDR : il faut prendre ses précautions lorsque l’on cuit du mort-vivant, c’est un peu comme le poisson Globe. Il existe une procédure à suivre (Cf Addendum sur « Mille et une recettes à base de Zombie »)

à suivre : Interlude N°2

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