Indian Psycho – Arun Krishnan – Asphalte Editions

Quatrième de couverture

Arjun Clarkson est le rêve américain incarné : cet orphelin indien issu d’une basse caste, complexé et peu sûr de lui, a immigré à New York où il connaît une brillante carrière dans la publicité. Jusqu’au jour où, dans un accès de folie, il poignarde une ancienne collègue…
Pour brouiller les pistes, Arjun décide de faire croire à l’existence d’un tueur en série chassant ses proies sur le plus populaire des réseaux sociaux : MyFace. Certes, cela implique de commettre d’autres assassinats, mais n’est-ce pas l’occasion rêvée de se venger de tous ceux qui se sont moqués de lui ?
Au fil des meurtres, la rumeur de ce « tueur de MyFace » s’amplifie et sème la panique sur la toile, car Arjun est un excellent publicitaire. Sa distraction, en revanche, risque de compromettre sa carrière de serial killer… (traduit par Marthe Picard)

Thriller drôle et palpitant, Indian Psycho est aussi une satire féroce des réseaux sociaux. Un regard mordant sur la société new-yorkaise d’aujourd’hui et ses travers.

À liker et à partager sans modération ! (publié par Asphalte éditions)

N.B : Le livre est accompagné d’une playlist (lovée dans le rabats du 4ème de couverture).

 

Mon avis

Arjun, malgré son penchant à tuer à tour de bras, est un personnage captivant. Sans doute est-ce pour cela que le livre est si dérangeant et drôle à la fois.

« Clark Kent pouvait voler, Peter Parker projeter des toiles d’araignées. Mon superpouvoir serait d’être Américain. »

Arjun est quelqu’un d’attachant comme je l’ai dit plus haut. Lui qui bosse dans la pub pour la société CJ&R, lui qui ne manque pas de parler de l’inutilité de ces campagnes pour des groupes internationalement connus, a au fond de son être d’autres envies, plus sombres. Plus précisément : des distractions plus que des meurtres. Du moins c’est ainsi que les assassinats sont présentés via la plume de l’auteur, Arun Krishnan.

Sur l’humour, Arjun le répand en abandonnant des autocollants « Je t’ai trouvé sur MyFace » sur les cadavres. Lui, un salarié de la pub, s’amuse à l’humilier tout autant qu’il se moque des « netteurs » dévoilant sans fard leur existence sociale. Mais il ne faut pas se fier à son apparence amicale, souriante. Arjun est un homme calculateur, froid, manipulateur. Il décortique le monde qui l’entoure, s’enfonce régulièrement dans ses pensées, digresse pour finalement transgresser les lois. Souvent, quand une personne lui parle, il n’est pas vraiment là, il est perché ailleurs, dans une histoire, un événement banal, une futilité sans nom… L’envie de tuer enfle alors et vient s’emparer de lui, sournoisement.

D’une sensibilité accrue, il s’enfonce au fil du récit dans la peau d’un être abîmé, brisé par un passé en Inde et rattrapé par le fantôme de l’immigré dans un présent post 11 septembre. Il ne cesse de déstructurer tout ce qui l’entoure, détails après détails ; son cerveau tourne à plein régime et tisse « une réalité ». La paranoïa guette Arjun ou peut-être est-il plus profondément atteint ; cocktail détonnant au subtil mélange de schizophrénie et de surdouance.

L’une des premières choses que vous ferez après la lecture sera sans aucun doute de désactiver la géolocalisation automatique sur votre téléphone. Vous éviterez également de partager en temps réel vos actes à la Terre entière, comme « J’ai commandé une pizza, car ce soir je suis seul.e ». Vous prendrez soin de trier sur le volet vos contacts (et éventuellement vos amis), mais bon, cela ne vous garantira pas d’avoir un serial-killer dans votre « énorme » liste.

J’ai aimé la lecture de ce livre. La fraîcheur, malgré la noirceur qui s’en dégage, m’a permis de me déconnecter du monde quelques heures. J’ai souri, froncé les sourcils parfois devant l’irréprochable lucidité de l’auteur. Et j’ai ri ! Non pas du récit mais de la vie réelle ancrée dans les réseaux sociaux, car l’auteur tape juste, pas trop fort pour ne pas étourdir, mais juste ce qu’il faut pour éveiller les consciences (pour ceux qui en ont une).

Pour aller plus loin dans la lecture (et l’esprit de Arjun) :

« Comment se faire des amis » de Dale Carnegie (livre, 1936)
Les conseils de Bouddha
James Ensor
Les boulettes Matzo
Réseau TOR

 

Information sur l’ouvrage :

Editions Asphalte – www.asphalte-editions.com
Collection Fictions (Polar/Noir)
304 pages – Prix 22 €
ISBN 978-2-918767-70-1
Date de parution : 18 mai 2017
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marthe Picard

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