Sang pour sang poésie – Mon Infortune #5

Introduction au texte :  Le grand C traque, touche les consciences, les familles, les corps au cœur. Comme la vieillesse, beaucoup de malades finissent seul, isolé sur une île au milieu de la foule.  D’autres espèrent revoir un visage, revenir en arrière pour vivre véritablement et non plus dépenser le temps en batailles intestines. On subit sa mort, il ne doit pas en être de même pour la vie.

 

Mon infortune

 

Seul sur la dune

Je regarde mes infortunes

Qui se dévoilent loin de moi.

Au creux des vagues en contrebas

Elles s’enchaînent au rythme lent

De mes battements de cœur.

Dans leur flot,

La joie, la peine se mêlent à la fureur

Celle de ne pas avoir le temps

Que tout s’arrête trop tôt.

Depuis ma vigie

Je distingue des morceaux de vie

Ceux qui m’ont échappé

Ceux que j’ai détesté.

Ils se cristallisent en coquillages, en couteaux,

Se matérialisent dans une langue de houle

Puis s’effacent sous la danse des rouleaux

Avant de laisser place à la foule.

Seul sur la dune

Je rêve de soleil et de lune

Qui viendront encore brûler ma peau

Avant que mon tout devienne défaut.

Ailleurs,

Il existe, « paraît-il » des vies meilleures

Dans un monde loin des miens.

On dit aussi que l’on a ce qu’on mérite

Que chaque acte rajoute un nœud gordien

Qu’à chaque seconde tout se délite.

Qu’importe, je sens un vent se lever

Me pousser vers la falaise.

Alors quand viendra l’heure

J’ouvrirai les bras face à l’Atlantique

Je me battrai pour m’envoler

Ressentir ce qui était pour toujours, jamais

Et partir loin, très loin dans des contrées arctiques

Seul sur la dune,

Je contemple mes infortunes

Et je pleure

Et je meure.

Tic-tac, l’aiguille claque, le cœur craque.

J’enfonce mes poings dans le sable chaud

Mes mains tremblent, mes jambes flanchent

J’entends les pinces se resserrer sur ma peau

Je vois le regard du crabe qui se déhanche.

Je ferme les yeux pour regarder le Film

Et au ralenti, je m’enfuis vers ma dernière rime

Alors je joue l’oiseau, m’élance vers l’infini bleuté

Et cours, puis saute avec mon passé.

L’horloge sonne,  mon existence arrive à terme

Pour rejoindre la terre ferme

 

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