Triumph Standard 12 – 1936/37

 

Ma Triumph Standard 12 – 1936/37

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Atelier d’écriture (4.2) suite et fin.

Après avoir choisi un celle que/celui que (exercice précédent), j’ai écrit ce texte (recopié tel quel de mon cahier)

Il est comme cette montagne qui peuple mes nuits, d’une force et d’une grandeur incroyable, malgré sa petite taille. Mais il est immobile surtout. Planté dans sa chaise longue en bois, au tissu usé par son corps, il reste des journées entières à contempler le monde qui l’entoure. Seulement, personne n’appartient à ce cocon qu’il se tisse… enfin presque.

Je suis l’unique personne de la famille avec qui il parle, les autres ne sont que des interlocuteurs le renseignant sur l’heure des repas et celle du coucher. Chaussé d’une paire de charentaise bleue, vêtu d’un indémodable pantalon de travail bleu nuit et d’un chandail détendu, il respire l’air de ses souvenirs, c’est son passé qui le maintient en vie.

Assis devant la porte de son salon/cuisine, un marronnier bat la mesure dans le bruissement des feuilles. Le matin, le soleil s’invite par l’allée, puis lentement, sur un rythme propre à la vieillesse, il décline derrière la maison, c’est à cet instant que j’arrive généralement.

À sa droite, il tient une canne par le pommeau. Il s’en sert rarement, car il ne se lève presque jamais. Il est heureux ainsi, il me fait signe d’approcher, me glisse des mots dans l’oreille et sourit. Je l’ignore, où je ne veux pas l’accepter, mais d’ici quelque temps, il partira. De son fait ou non, il me laissera. Je le contourne et du bout du pied, je frappe cette pierre ronde qui retient ouvert son volet. « Que deviendras-tu ? » songé-je en regardant ce triste caillou. C’est idiot, mais quand on est jeune, on ne voit pas la mort comme il se doit. On ne la respecte pas. Quand on est môme, on est immortel et les souvenirs n’existent pas encore.

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Atelier d’écriture (4.1) Celle qui et celui qui…

Cet exercice est basé sur les ateliers d’écriture de François Bon. Ce dernier est lui-même inspiré d’un texte de Saint-John Perse, on pourrait l’appeler l’exercice des celui qui. Saint-John Perse écrit: «Celui qui erre, à la mi-nuit, sur les galeries de pierre…; celui qui s’est levé avant le jour…». Comme avec François Bon, il nous a été demandé d’effectuer la démarche des celui-qui avec des personnes de notre entourage (ou imaginaire).

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François Bon

Durée : une dizaine de minutes environ

Celle qui a beaucoup pleuré à force d’aimer.

Celui qui est entré au S.A.C. et l’a toujours caché.

Celle qui fabriquait le foie gras et les graillons et restait toujours seule dans la cuisine.

Celle qui te sourit et te plante sans hésiter un couteau dans le dos.

Celle qui prenait des antidépresseurs pour atténuer ses pleurs.

Celui qui jouait à la belote tout en se roulant des cigarettes.

Celui qui ne parlait à personne, juste à ce môme que j’étais.

Celui qui n’existait pas, mais que tous connaissaient.

Celui que l’on croyait honnête et a plaqué ses, sa famille et les autres.

Celle qui disait toujours sa vérité, car elle était un peu cinglée.

Celui qui allait aux toilettes et ne pissait jamais à côté.

Celle qui n’a pas compris et ne saura jamais.

Celui qui a de la jugeotte et de la repartie.

Celle qui a oublié d’être bête et le prouve.

Celle qui aime, simplement.

Celui qui n’avait pas de bol et plus de femme.

Celui qui était communiste et vivait comme un capitaliste.

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Saint John Perse

Le dernier exercice de l’atelier d’écriture découle de cette liste. Je posterai un article ce week-end.

Atelier d’écriture (3) Travail sur le temps, les changements…

Cet exercice est inspiré d’une scène écrite par Paul Auster (auteur de Smoke) : celle d’un homme prenant au fil des jours une photo depuis la fenêtre de son appartement, toujours la même pose, mais à des instants T différents.

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Pour la mise en pratique, nous avons dû choisir un endroit dans la médiathèque, que nous devrons garder jusqu’au dernier exercice, ainsi, comme le personnage de Paul Auster, nous noterons tout ce que nous verrons au fil des séances (cet exercice débutera chaque séance dès le prochain atelier). De mon côté, j’ai pris l’initiative de lister ce qui m’entourait sans prendre garde de construire une trame.

Durée de l’exercice : 15 minutes

Lieu : secteur jeunesse, sur la chaise attenante au local du service de documentation.

Face à moi, les bacs bleus, le long du mur, sous les fenêtres, les bacs jaunes, à ma droite, quatre bacs rouges. Derrière moi, j’entends les voix de Stéphanie et de Sophie du service jeunesse. À ma gauche, une mamie avec deux enfants. L’un d’eux jette ses chaussures, il gémit. Au-delà des vitres (face à moi), c’est Keenan qui s’occupe des retours. Toujours à droite, trois portes, closes.

Stéphanie sort et me souhaite meilleurs vœux. Sophie part avec une pile de livres dans la salle « l’heure du conte ». À ma gauche, bacs bleus, deux sièges, puis bacs blancs. Les deux enfants reviennent en riant, ils se préparent à quitter les lieux. J’aperçois (face et droite), trois gros coussins orange de formes triangulaires. Dans le bac bleu face à la chaise, deux livres sont devant : « Le rêve de l’ours » de Norac et Joas et « La croûte » de Moundlic et Tallec.

Sur la vitre (face), une affiche « Albums contes » blanche et contours jaunes. Sophie remet les albums dans les bacs. À ma gauche (près de l’heure du conte), Edith (une nouvelle pour les ateliers) est assise et effectue le même travail que moi.

À ma gauche, longeant le mur, deux bacs blancs au bout, puis dix bacs bleus, cinq fauteuils dont un à l’assise déchirée et deux poufs collés contre les bacs bleus (escargot et abeille) Le sol est propre. Au plafond, j’aperçois des auréoles, vestiges d’infiltrations.

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Photo tirée du film « Smoke » avec Harvey Keitel

Atelier d’écriture (2) Bigotelle

Compte rendu du premier atelier d’écriture du 16 janvier 2013 – Partie 2

Le second exercice est inspiré de « La grammaire est une chanson douce » d’Erick Orsenna. Après la lecture d’un  passage du livre, où apparaît le personnage de la nommeuse, le mot bigotelle est lancé. À partir de ce mot et en s’inspirant de la nommeuse présente dans le livre d’Orsenna, il nous a fallu donner une définition du mot bigotelle, le faire naître sous une forme.

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Durée de cet exercice, environ 20-25 minutes (lecture comprise)

Mon texte :

« Loin de son logis, perdue dans une rue malfamée du quartier dit « du malaise », la nommeuse continua de décrire les mots oubliés. Elle s’attarda sur l’un d’eux plus particulièrement : bigotelle. Ce dernier surgit d’un trou, d’où s’écoulait une huile épaisse, aux fragrances insoutenables. D’aspect velu, il rampait rapidement sur le sol, cherchait un coin pour se cacher, puis pénétrait dans une fissure pour en ressortir aussitôt. Il n’avait de cesse de bouger, et ses pattes, rappelant celles d’un insecte, chitineuses et fines, l’emmenèrent se lover dans le cœur d’une vieille femme toute de noir vêtue. La nommeuse épela le mot et lentement, il devint ce ragot dans la bouche de la vieille bigote, répandant ainsi son fiel dans l’oreille d’une autre. Car pour qu’une bigotelle existe, il fallait être deux. »

J’étais parti sur la base que bigotelle venait du mot bigot, ce qui est évidemment faux. Voici ce qu’est une véritable bigotelle : Anciennement, pièce d’étoffe ou de cuir dont on se servait pour tenir la moustache relevée.

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Atelier d’écriture (1) Le logorallye

Compte rendu du premier atelier d’écriture du 16 janvier 2013 – Partie 1

Nous avons débuté la séance par un logorallye. En quoi consiste ce jeu ? Le responsable de l’atelier donne un mot, puis chaque participant, en partant de cette base commune, doit écrire deux mots. De ces nouveaux termes, deux autres surgiront et ainsi de suite. Ici, nous nous sommes contentés de 15 mots.

Durée de cet exercice, environ 5 minutes (grand maximum)

logorallye 16 01 2013A partir de ces mots, il nous a été demandé d’écrire un texte, avec pour unique consigne : vous n’êtes pas obligés d’utiliser tous les termes.

Pour ma part, j’ai utilisé 10 mots :

Elle dit de moi que j’ai de l’humour, que je serai toujours, malgré mes dettes et mon manque de talent, un comique en devenir. Si elle m’avait vu sur cette scène, allongé dans ce cercueil factice, mimant un mort, jamais elle ne m’aurait embauché pour ce tournage. Mais, paraît-il, l’Amour rend aveugle.

Suite de l’atelier bientôt

Imaginales 2012 – Atelier Slam

Demain je vais me rendre aux imaginales, et comme j’ai vu qu’il y avait un atelier Slam, j’ai écrit ce petit texte sur le thème du climat dans le futur. Je l’ai écrit ce matin.

L’homme de poussières

Je marche depuis trop longtemps sur cette terre,
C’est pour dire, j’en suis devenu un homme de poussières.
Car respirer dans ce monde saturé par l’atome
A creusé jour après jour un peu plus notre tombe.

Je ne dis pas cela pour vous faire peur,
Ni instiller en vous la terreur,
Mais en cette année 2052
Je me retrouve seul, parmi eux.

Ils sont de métal, de titane, bardé de fils et de circuit,
Ils sont comme vous et moi,
Ils possèdent des jambes, une tête et deux bras,

Mais quand vient ce vent porteur de mort pour les humains,
Quand vient la nuit glaciale d’un hiver sans fin,
Les cœurs s’arrêtent de battre, une seconde, puis une autre,
Et lentement se corrode, et lentement se corrode…

Nos espoirs de redécouvrir un arbre bruissant sous la brise,
Le sourire d’un enfant devenu tour de pise.
Mécaniquement, la vie se délite à chaque battement de paupières,
Nous transformant tous, en hommes de poussières.

Eux, avancent sur ce sol craquelé d’avoir trop souvent pleuré
Eux, construisent leur avenir, sur nos cendres entourées de barbelés

La normalité a changé de camp depuis des années,
L’homme n’est plus qu’un souvenir, que les robots ont remplacé
Nous sommes devenus des animaux en voie de disparition
Mais aucun gardien de zoo n’est là pour nous coller en prison.

Le climat s’est détraqué, et plus personne n’y peut rien
Alors, je marche sur mon passé, cette terre de l’amer
Et je marche tout en me décomposant en un homme de poussière
Et je flotte dans le vent, je flotte…

Année 2052, les robots règnent sur la planète,
Année 52, les robots sont légion, et des hommes plus de têtes
Maintenant, le temps va s’écouler dans le vide
Maintenant, le temps ne sert plus, alors il se dévide.

Je regarde la vie pas plus épaisse qu’un papier de cigarette
Eux me regardent, et, sans doute, voit-il en moi une bête
Car je dépense mes dernières forces pour creuser dans le sol
Je troue la terre de mes doigts, ma vie, mon alcool.

J’ai dans mes poches quelques graines, des semences que j’ai gardées
Sans doute avec cet espoir, de voir renaître notre humanité.
Mais sans eau, je sais que tout ça est inutile
Que sans pluie, mes os seront bientôt le sol le plus fertile.

Je ne suis qu’un humain né au mauvais endroit, les pensées bien amères
Et j’erre parmi les robots avant de retomber en poussières.
En attendant je prie, en attendant, je prie.

Sans titre