Le Parloir d’Ebediah – Dossier #0002 – Gaëlle Dupille

Je me nomme Ebediah, je ne suis ni avocat, ni juge, ni coupable, je suis un être qui erre dans le parloir  des âmes humaines. Aujourd’hui, je continue ma série de visites dans ces prisons de chairs. J’ai fouillé dans les dossiers et j’ai découvert celui de Gaëlle.

Parloir – Dossier #0002 – Gaëlle Dupille

Ebediah : Bonjour, Gaëlle. Ça va ? Les cordes qui te maintiennent à la chaise ne sont pas trop serrées ? J’aimerais pour commencer, que tu déclines ton identité, que tu présentes aux lecteurs ton actualité et que tu attendes ma seconde question. Okay ?

Gaëlle Dupille : Merci Ebediah, je vais bien… Enfin, mes cordes sont un petit peu serrées, mais je vais devoir faire avec pour le moment. Par contre, la lampe que tu as braquée sur mes yeux me brûle vraiment la rétine… Si tu pouvais le changer de place, j’apprécierais beaucoup…  merci.  Pour réponse à ta question, je suis Gaëlle Dupille. Age : 37. Je suis originaire de Bordeaux et vis au Canada la moitié de l’année.

L’une de mes nouvelles, « Lucy », vient d’être publiée il y a 2 mois dans le recueil « Naissance » (catégorie anticipation). J’attends avec impatience la publication prochaine de l’une de mes nouvelles SF/érotique, « La première colonie », chez L’Ivre-book (le 27 septembre) et un peu plus tard celle de mon recueil de nouvelles horreur/fantastique « La main du diable et autres contes macabres », toujours chez L’ivre-book.

Une autre de mes nouvelles, « Le Cysgodion », va quant à elle figurer dans une anthologie pour Halloween.

Dis-moi, tu vas me garder longtemps ici ?

Ebediah : Le temps nécessaire pour que tu te dévoiles aux yeux des lecteurs. Ah ! La lampe te brûle les yeux, attends… Je n’aime pas voir les personnes que j’interroge souffrir… si vite. J’aimerais savoir depuis quand tu écris et surtout, je souhaiterais que tu nous révèles la véritable envie qui te pousse à sombrer dans le mauvais genre, car l’horreur est un mauvais genre, n’est-ce pas.

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Gaëlle Dupille :  Merci, ça va mieux. Tu es plus gentil que je ne le croyais.

Nous sommes bien d’accord, l’horreur est un « mauvais genre » et je revendique haut et fort d’être l’une de ses adeptes.

J’écris depuis plus de 20 ans en amateur. Je n’ai cependant officiellement plongé dans le monde de l’édition que depuis un peu plus d’un an seulement. J’ai un faible pour le format court des nouvelles, qui permet d’aller d’un texte à l’autre assez rapidement (enfin, quand je parle de rapidité, tout est relatif pour un auteur). J’ai en projet l’écriture de 3 romans, mais c’est un recueil de nouvelles qui occupe mon temps libre en ce moment.

Pourquoi l’horreur ? C’est une question que je me suis moi-même posée à plusieurs reprises. J’ai lu un article écrit par un psychiatre, il y a plusieurs années. Il disait que les auteurs ou scénaristes d’histoires d’horreur sont en fait de grands trouillards qui aiment jouer à se faire peur, tout en gardant le contrôle, un peu comme une auto psychothérapie.  Ce serait aussi une façon de se rassurer : puisque c’est moi qui écris l’histoire, puisque je suis celui qui crée ces monstres, ils n’existent forcément pas et ne vivent que dans mon imagination ! Je ne sais pas s’il a raison, mais il est vrai que j’étais une jeune enfant à l’imagination débordante, qui voyait des créatures monstrueuses un peu partout dans l’obscurité ou sous mon lit ! Je ne suis pas la seule, presque tous les enfants ont ce genre de peurs.

En réalité, j’ai toujours aimé le théâtre (j’aurais adoré être actrice) et écrire ces horribles histoires est une façon de les vivre au travers de personnages, de faire monter mon adrénaline en vivant d’autres vies hors du commun. Une façon de s’échapper de la monotonie de toute vie « traditionnelle », aussi riche soit-elle, mais sans courir le moindre danger. Finalement, en y réfléchissant, c’est bien une réponse de trouillarde, ce psy a peut-être raison, après tout !

J’espère que mes réponses te satisfont, Ebediah.

Ebediah : J’aime quand on me répond à cœur ouvert, et ce, sans qu’une goutte de sang ne soit versée. Je te remercie. Je vais maintenant te parler d’un sujet qui a récemment croisé mon regard, j’ai ouï dire qu’un de tes textes va être publié dans une anthologie. Je connais son titre, Le Cysgodion. Sans en révéler l’intrigue, peux-tu m’en dire un peu plus sur ce texte ?

Gaëlle Dupille : Ta question s’enchaîne à merveille avec ma réponse précédente, puisqu’il y est question d’un monstre caché sous le lit de Simon, un jeune Québécois de 10 ans. Le Cysgodion est le nom de cette créature, qui va rapidement demander au jeune garçon de lui rendre des services bien particuliers s’il veut rester en vie. C’est une histoire très sombre, surtout destinée aux amateurs d’horreur. C’est aussi ma façon de rendre hommage à un épisode de la « Cinquième Dimension » intitulé « L’ombre de la nuit » et  m’avait fichu une trouille bleue quand j’étais petite !

Cette nouvelle figurera dans l’anthologie « Les Contes de l’Ombre ».

Ebediah : Ombre, nuit, horreur, monstre. Au moins, le lecteur sait à quoi s’attendre en lisant tes histoires. Nous sommes bientôt arrivés à la fin de cet interrogatoire. Quittons un instant ce monde ténébreux et parle-nous de la femme qui se cache derrière le masque d’un auteur de mauvais genres. Comment es-tu perçue par tes proches, les gens qui savent que tu écris des histoires sombres, très très noires ?

Gaëlle Dupille : Étrangement, les gens sont souvent surpris lorsqu’ils découvrent que je suis auteure et plus encore lorsque je leur raconte les thèmes de mes écrits. Il paraîtrait que j’ai l’air trop sage et trop gentil pour écrire de telles horreurs ! Écrivain ? Mais pourtant je porte des vêtements de « vraie » femme et du maquillage ? Les auteures des littératures de l’imaginaire ne sont-elles pas des folles alcooliques, difformes, échevelées et au regard perdu ? Et bien il faut croire que non ! Les stéréotypes ont la vie dure…  Je suis donc « sage » à l’extérieur, mais à l’intérieur, pourtant, ça bouillonne !

Ma famille (qui me connaît bien) n’a jamais été étonnée par mon penchant pour les histoires sombres et glauques. Il semble que pour eux, cela ait été naturel. Quant à ma propre mère, c’est elle qui m’a transmis sa passion pour le fantastique et l’horreur… Elle est franchement ravie que je n’écrive pas des histoires dégoulinantes de guimauve.

Mon conjoint Canadien est, lui aussi, un grand amateur d’histoires d’horreur, tout comme mes amis, qu’ils soient eux-mêmes auteurs ou non. Je suis donc bien entourée.

Dans la vie de tous les jours, je suis malgré tout une femme normale, qui aime la marche en forêt, le yoga, les voyages, la cuisine (j’adore cuisiner, en réalité et j’ai même reçu un prix culinaire pour un gâteau dont j’ai imaginé la recette, en 2007 !), les chats (surtout les noirs), les orages et la musique (avec un gros faible pour The Editors, The Pogues, The Clash,  Rob Zombie et The Cure). Chose un peu étrange, je l’avoue : j’adore mes cauchemars, même les plus effrayants, puisque 90 % de mes nouvelles ou romans en sont directement inspirés…

Ebediah : Ah ah ah. Quand j’entends ça, je me dis que Monsieur Poirier (tu sais de qui je parle), un homme que tu as eu comme voisin et John, un autre fossoyeur, comme instituteur, doit avoir eu sur toi (et John) une drôle d’aura. D’ailleurs, penses-tu que des personnes que tu croises dans ta vie possèdent ce don d’influer sur ce que tu deviendras ? Si tu réponds rapidement, alors je délierai tes liens et tu pourras repartir sans craindre pour ton existence.

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Gaëlle Dupille : Ah, monsieur Poirier et sa casquette à carreaux ! Un sacré phénomène et un homme très sympathique, en tant que voisin, en tout cas. Je me souviens de son humour cinglant ! Un dimanche, des Témoins des Jéhovah avaient sonné à sa porte pour lui dire que « Jésus avait un message pour lui ». En bon militant communiste et athée, il leur avait répondu du tac au tac « Qu’il le laisse dans ma boîte aux lettres ». J’étais très jeune à l’époque, mais ça m’avait fait mourir de rire !  Pour la petite histoire, j’adorais son fox-terrier (Philémon), même si tout le monde s’en fiche complètement !

De nombreuses personnes que j’ai croisées dans ma vie l’ont effectivement influencée, j’en suis convaincue. Par exemple, avoir revu mon vieil ami Olivier (que je salue !) m’a inspiré mon premier roman (sur lequel je retravaille actuellement) et m’a donné envie de devenir officiellement auteure. Avoir croisé le chemin des Fossoyeurs de Rêves a décuplé mon envie d’écrire et m’a rassurée sur la normalité (relative) des idées folles qui me trottent dans la tête. Ma prof d’anglais de 6ème (une harpie) m’a donné l’envie d’être bilingue (ce qui est désormais le cas) le jour où elle m’a dit que je n’arriverais jamais à aligner 2 mots d’anglais ! Mon bilinguisme m’a permis de rencontrer mon conjoint, anglophone, qui lui-même a beaucoup changé ma vie et influencé mes écrits ou mes idées en général (je l’en remercie, d’ailleurs).

Ce que je suis est indiscutablement le résultat de rencontres, bonnes ou mauvaises, mais j’aime à croire que même les mauvaises avaient une raison menant à un résultat positif. Je pense aussi qu’aucune rencontre marquante n’est le fruit du hasard. Je suis convaincue que tout est planifié et que chaque rencontre importante est une nouvelle pièce de notre gigantesque puzzle cosmique. Il y a certaines personnes que l’on doit croiser, c’est « obligatoire » et la vie nous fait les recroiser si on les a manquées une première fois.

C’est le cas de l’auteur Jean-Marc Renaudie, qui était presque mon voisin, qui a été à l’école à côté de la mienne durant une décennie et que j’ai « recroisé » 20 plus tard sur un site littéraire et avec qui j’ai sympathisé, sans même savoir que l’on venait de la même insignifiante petite ville. Pourquoi ? Lui ou moi devons être une pièce d’un puzzle, sans doute, peut-être même celui de quelqu’un d’autre, qui sait ?  Et tout cela est planifié par qui, par quoi ? Comme la plupart des gens, j’aimerais bien le savoir…

Je peux partir maintenant ? C’est vrai ?

Ebediah : Merci à toi, Gaëlle. Tu peux repartir tranquille…

Son site : http://gaelledupille.wordpress.com/
Site de l’imaginarius (son webzine) : http://imaginariuswebzine.wordpress.com/
Site du collectif d’auteurs « Les fossoyeurs de rêves » : http://lesfossoyeursdereves.wix.com/officiel

Post Imaginales 2013 – 5 questions (ou presque) à Pierre Stolze (auteur)

J’ai rencontré Pierre Stolze, par hasard. Je me rendais au salon de Thionville en un jour pluvieux, celui où l’on fête toutes les mères, c’était en mai (je venais de quitter les imaginales). Je me suis installé à une table et je suis sorti. A mon retour, j’ai découvert des livres posés sur la table voisine :

« La maison usher ne chutera pas », chez Folio SF ; La série Isidore, parue à la Clef d’argent ; « Comme un cadavre » et « volontaire désigné » aux éditions Armada ; et bien d’autres romans.

Pierre Stolze est né le 12 avril 1952 à Metz, il est un ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de la Rue d’Ulm. Deux de ses textes ont été publiés dans la collection Galaxie-bis aux éditions Opta, en 1979 pour « Le serpent d’éternité », et en 1980 pour « Kamtchatka ».

Auteur de 15 romans dont Cent Mille Images(Prix Rosny Aîné 1991) et La Maison Usher ne chutera pas (Prix Fantastic’arts 1999), ce professeur de lettres classiques est aussi à l’aise avec le roman jeunesse que la biographie ou le récit historique (Georges, Simone et Salomon – Histoire d’un Réseau de Résistance, Prix Victor Hugo 2009)

Depuis 1996, il est critique pour la revue Bifrost.

Le 27 août dernier est sorti aux éditions Armada «Les trois étoiles de Saint Nicolas », ce livre regroupe trois histoires de science-fiction : Marilyn Monroe et les Samouraïs du Père Noël ; Greta Garbo et les Crocodiles du Père Fouettard ; Brigitte Bardot et les Bretelles du Père Éternel.

Pierre Stolze sera présent au livre sur la place à Nancy le vendredi 13 septembre, matin et le dimanche 15 septembre, après-midi.

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John : Tu peux te présenter.

Pierre Stolze : Je suis Pierre Stolze, écrivain et critique de science-fiction et de fantastique. Comme titre universitaire, je suis ancien élève de l’école normale supérieure de Paris. Je suis docteur ès Lettre parce que j’ai fait une thèse de doctorat sur la science-fiction.

John : Te rappelles-tu des premiers mots que tu as écrits ?

Pierre Stolze : Des premiers mots que j’ai écrits de la première nouvelle, oui. Une nouvelle qui a été publiée dans la revue Fiction, revue mythique en 77, et la nouvelle s’appelait « ah ah, dit-il en se grattant les couilles ».

John : Si tu devais être un mot quel serait-il et pourquoi ?

Pierre Stolze : Si j’étais un mot ? Oh seigneur… Électron libre. Parce que l’on m’a toujours qualifié d’électron libre de la science-fiction et l’an prochain, j’aurai un grand recueil de nouvelles qui va sortir chez Armada et qui va s’appeler Électrons libres… Au pluriel.

John : quel livre aurais-tu rêvé d’écrire et pour quelles raisons.

Pierre Stolze: celui que j’aurais aimé écrire, c’était « le maitre et marguerite » de Boulgakov qui est pour moi le plus grand roman de fantastique qu’on ait jamais écrit et qui est l’un des chefs-d’œuvre de la littérature mondiale.

John : Tu as la possibilité de ressusciter un auteur ? Qui et pourquoi ?

Pierre Stolze : Je pense, Hoffmann. Hoffmann parce qu’il a tout inventé. Il a inventé la science-fiction avec une longue nouvelle qui est traduite en français sous le nom « l’homme au sable », mais c’est bien « le marchand de sable » qu’il faudrait dire. Il a inventé le policier. Il a inventé la Fantasy. Il a tout inventé et il se prenait en plus pour uniquement un musicien, il ne se prenait pas pour un écrivain.

John : Dernière question, quelle épitaphe aimerais-tu voir gravée sur ta pierre tombale ?

Pierre Stolze : (rires) Oh la la, vraiment je sais pas… (rires) Ah oui, je n’aurai pas de pierre tombale, parce que je donne mon corps à la science, donc il n’y aura pas de pierre tombale. Donc, comme  ça j’ai pas à me casser la tête, et en plus je vais donner mon corps à la science rien que pour faire rire les carabins, parce que les carabins, ils ont besoin de corps à disséquer. Là ils vont bien se marrer.

John : Je te remercie.

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Imaginales 2013 – 5 questions (ou presque) à Valérie Simon (auteur)

Suite (mais pas encore FIN, des micros-interviews réalisées aux Imaginales 2013)

Aujourd’hui, Valérie Simon est à l’honneur.

Pour la décrire, voici le quatrième de couverture de « Tahnee Sharn, déesse de l’alliance », première édition (Fleuve noir), ce dernier est actuellement en vente aux éditions du Riez et est également disponible en format Kindle, pour les aficionados du livre numérique :

 »   Valérie Simon est née à Strasbourg en 1963. Ses talents sont le résultat d’un curieux cursus fait de sciences (bac, animation en images de synthèse), d’études d’art (cinéma, arts plastiques) et de la communication. Elle est graphiste dans une agence de publicité et partage ses loisirs entre écriture et peinture. Elle avoue des goûts éclectiques pour le fantastique, les vampires, les polars, « les grandes sagas pleines de bons sentiments », la BD, JRR Tolkien, Baudelaire, Hector Biancotti, Zola, Fredric Brown, Frank Herbert et Anne MacCaffrey. »

Les premiers ouvrages de Valérie Simon ont été publié entre 1997 et 1999 aux éditions Fleuve noir et sont actuellement en réédition aux éditions du Riez (liste des ouvrages sur Noosfere)

Son planning des dédicaces est visible en cliquant sur « je veux qu’elle me dédicace un livre, mais où est-elle donc !!! »

 

Valérie Simon : Non, absolument pas (rires)John : Te rappelles-tu des premiers mots que tu as écrits ?

John : Voilà, c’est rapide. Si tu devais être un mot quel serait-il et pourquoi ?

Valérie Simon: ça, ça va pas être rapide. Si j’étais un mot ? Mystère.

John : pourquoi ?

Valérie Simon: J’adore ça.

John : Ton double vient te rendre visite et réclame la paternité de tes écrits, comment réagis-tu ?

Valérie Simon: C’est mon double, on va essayer d’être pote quand même. J’en sais rien du tout… Déjà ça ne peut pas être la paternité, on est entre femmes.

John : une anecdote de salon ou de dédicace à donner ?

Valérie Simon: Une anecdote pas vraiment, il y a une heure, j’ai eu une jeune femme qui est venue me voir et qui avait lu la première édition et qui est venue à ce salon exprès pour moi et qui a discuté avec moi pendant trois quarts d’heure en me montrant les dessins qui l’avaient inspiré à partir de mon livre. Donc, c’était une super rencontre. C’est pas une anecdote, mais franchement je suis ressortie de là, c’était vraiment très sympa. Donc, un grand moment de rencontre.

John : Dernière question, quelle épitaphe aimerais-tu voir gravée sur ta pierre tombale ?

Valérie Simon: A bien vécue.

John : Je te remercie Valérie.

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Imaginales 2013 – 5 questions (ou presque) à Jean-Pierre Favard (auteur)

Je poursuis mes micro-interviews glanées lors des Imaginales 2013 (je sais, j’ai procrastiné, mais on arrive au bout)

Aujourd’hui, attardons-nous sur un auteur, Jean-Pierre Favard. Qui est il et qu’a-t-il écrit ? J’ai effectué quelques recherches et j’ai découvert qu’il avait une page le concernant sur Wikipédia :  » Jean-Pierre Favard est un écrivain français né le 21 mars 1970 à Clamecy. Il est l’auteur de romans et de nouvelles essentiellement fantastiques où, très souvent, des éléments historiques et ésotériques viennent nourrir une intrigue proche du thriller.

Parmi les auteurs qui l’inspirent, il cite Paul Auster, Bret Easton Ellis, Philippe Djian, Irvine Welsh, Chuck Palahniuk, Michel Houellebecq, Franz Bartelt, John King et Philippe Jaenada. »

Ses romans phares :

  • Sex, drugs & Rock’n’DoleLa Clef d’Argent, coll. FiKhThOn no 3, 2010 (ISBN 9782908254853)
  • L’Asch Mezareph, Lokomodo, 2013

Il a également publié une quinzaine de nouvelles dans des revues (Freaks corp, Codex Atlanticus, Ténèbres…)

 

John : Je te donne une femme ; une hache et un tueur, tu en fais quoi dans une histoire ?

Jean-Pierre Favard : Je donne la hache à la femme et elle s’occupe du tueur.

John : Si tu dois être un mot, quel est-il et pourquoi ?

Jean-Pierre Favard: Cucurbitacée, car j’adore ce mot et sa résonance.

John : Quel livre aurais-tu rêvé d’écrire et pour quelle raison ?

Jean-Pierre Favard: J’aurais vraiment aimé écrire L’Asch Mezareph de Jean-Pierre Favard, car c’est un excellent ouvrage qui me fait rêver à chaque fois que je le relis.

John : Une anecdote de salon ou de dédicace ?

Jean-Pierre Favard: J’ai signé aujourd’hui plusieurs livres à plusieurs personnes différentes.

John : Dernière question, quelle épitaphe aimerais-tu voir gravée sur ta pierre tombale ?

Jean-Pierre Favard: Encore vivant

John : Merci, Jean-Pierre

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Imaginales 2013 – 5 questions (ou presque) à Lydie Blaizot

Aujourd’hui s’est ouvert le festival des Imaginales 2013, sous le signe de la pluie, mais heureusement, le soleil se cachait sous la bulle du livre. J’y ai d’ailleurs effectué quelques rencontres et j’en ai profité pour lancer des questions prises au hasard dans mon carnet.  Lydie Blaizot a ouvert le bal. Mais avant de passer aux questions/réponses, un topo rapide sur les écrits de Lydie.

Elle est l’auteur de trois romans : La Maison de Londres (Editions du Petit Caveau), Le Facteur 119 (éditions Voy’el) et N.I.X (éditions Voy’el)

Mais elle sévit aussi dans le monde de la nouvelle (en recueil ou en antho), en voici une liste non exhaustive :  Autour de Londres (Editions du Petit Caveau), Sang d’Ocre (six épisodes, éditions du Petit Caveau en numérique et en papier), Paranoïa aiguë (Les robots sont-ils vraiment nos amis ?, aux éditions Voy’el), L’héritage (Voyage aux frontières du réel, aux éditions PGCOM).

Sans oublier les mésaventures de Tévrémencon, tome 1 : 100 sketchs mettant en scène deux vampires, dont l’un est particulièrement idiot (chez Lulu.com). Le tome 2 est en préparation

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Ici commence les « 5 questions (ou presque) à Lydie Blaizot

John Steelwood : Te rappelles-tu des premiers mots que tu as écrits ?

Lydie Blaizot : Non.

JS : Réponse rapide, donc on en fera un peu plus (de 5 questions). Je te donne, une femme, une hache, un tueur, tu en fais quoi dans une histoire ?

LB : Je pense que le tueur sera assassiné par la femme avec la hache.

JS : Si tu devais être un mot, quel serait-il et pourquoi ?

LB : un mot ! je dirais humour, parce que c’est ce que j’aime mettre dans mes livres.

JS : Si tu devais garder un livre, une chanson et un film, ça serait lesquelles ?

LB : Alors, je vais être rapide. Un film, aucun, je ne suis absolument pas cinéphile. La musique, je suis pas très musique non plus, mais je pense que ce serait Tina Turner, « thunder dome » et un livre, « l’histoire sans fin » de Michael Ende

JS : Une petite dernière question, tu as la possibilité de ressusciter un auteur, qui et pourquoi ?

LB :  Alors, là, tu m’embêtes, car j’aurais voulu répondre Terry Pratchett, mais il est pas encore mort (rire collégial) mais comme il est très malade, je dirai que je garde la carte en joker.

JS : Je te remercie

Le Parloir d’Ebediah – Dossier #0001 – Morgane Neuville

Je me nomme Ebediah, je ne suis ni avocat, ni juge, ni coupable, je suis un être qui erre dans le parloir  des âmes humaines. Aujourd’hui, j’entame une série de visites dans ces prisons de chairs. J’ai fouillé dans les dossiers et j’ai découvert celui de Morgane. Une écorchée, une femme au talent incontestable, qui a su faire vibrer les cordes vocales de mon âme.

Parloir – Dossier #0001 – Morgane Neuville

Ebediah : Bonjour Morgane. J’ai quelques questions à te poser. Néanmoins, avant de commencer, j’aimerais que tu présentes, non pas tes écrits, non pas tes projets, mais seulement toi et cette force qui te porte.

Morgane : Bonjour Ebediah. Je vais donc commencer par les banalités ; je m’appelle Morgane, j’ai vingt-trois ans et je vis en Belgique.

Je suis une personne assez réservée, j’entends par là, qu’en « vrai », je ne parle pas beaucoup. D’une part, parce que je suis ainsi, d’autre part parce que je n’aime pas la façon dont je m’exprime oralement. Je suis aussi assez froide, je n’aime pas les élans un peu trop… romantiques. Je le précise, parce que je trouve cela important. Beaucoup de personnes sont très démonstratives et parlent beaucoup oralement, ce qui entraîne une déficience point de vue relations : on me reproche souvent ces deux choses-là. J’aimerais tellement que l’on comprenne, je ne suis faite que pour écrire et rien d’autre.

Je ne sais pas si je peux parler de force, après tout, nous sommes constitués d’un espoir qui nous maintient en vie, d’une certaine façon. Je ne sais pas toujours pourquoi je me bats, il faut avouer que ce monde est des plus désolants. Oui, je suis pessimiste… c’est un trait très prononcé chez moi. Après, on aime ou pas. D’ailleurs, c’est comme cela que ça fonctionne : on m’aime ou pas ! Pas de juste de milieu, pas de « peut-être ». C’est tout ou rien, je cultive cela, laissant rarement de deuxième chance…

Ebediah : Pessimiste / Réaliste, sont deux mots très proches, et très éloignés à la fois. Après je pense que tout dépend du point de vu dans lequel on se place. Me concernant, je te trouve réaliste et objective. Le pessimisme est une partie nécessaire de cet ensemble. Maintenant, j’aimerais que tu me parles de tes aspirations littéraires. En écrivant on tend à atteindre un but, toucher des lecteurs. Et toi, cherches-tu à leur ouvrir les yeux ? Le ferais-tu, si besoin est, à la manière des policiers d’Orange Mécanique ?

Morgane : Mon pessimisme est une chose que l’on me reproche souvent ! Surtout mes proches, comme la famille. Ne devrais-je pas être une jeune fille ayant la joie de vivre à mon jeune âge ? Il semblerait que je n’aie aucun problème et que je ne connaisse rien de la vie, de ce fait, j’ai juste le droit d’être… heureuse ! Mais passons. Oui, c’est certain, je tente de faire comprendre qu’il y a des choses qui doivent impérativement changer dans ce monde. Je ne suis pas pour la violence, je trouve cela un peu facile d’en arriver là, de plus, celle-ci n’entraîne rien de bon, il suffit de regarder les guerres dans le monde, à quoi servent-elles si n’est qu’à tuer et à engendrer la misère… bien entendu, mes cris ne font pas écho ou rarement, les gens semblent être « trop bien » malgré le fait qu’ils se plaignent sans cesse. Il fut une époque où l’on n’hésitait pas à sortir dans la rue, cela changeait parfois les choses, je regrette de vivre à l’ère des mollusques.

Ebediah : Tu dénonces la violence, pourtant elle est présente dans tes textes, elle se mélange à la beauté de tes idées. Tu débordes d’émotions, littéralement parlant et tes mots font généralement mouche auprès de ton lectorat. Mais au-delà même de cette violence, tu essaimes des morceaux d’âme contenant un sujet plus fort, il apparaît parfois en filigrane, je veux parler de l’abandon. Quel rapport entretiens-tu avec lui ? Est-ce que sans sa présence, ton écriture au final ne s’en retrouverait pas affadie ?

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Morgane : Oui, c’est vrai, mais c’est une autre forme de violence… juste la violence des mots. Ah ! Est-ce donc si flagrant ? Beaucoup de personnes m’ont fait de la peine et dans le passé, j’étais une fille très naïve et je ne comprenais pas encore bien que l’être humain n’était qu’un suceur d’âmes. Des personnes qui m’étaient chères m’ont lâchement laissée sur le côté de la route… sans explications, pour certaines. J’ai toujours peur de cela désormais. Ma confiance est au point mort, trouvant toujours ce « quelque chose » qui pourrait faire en sorte qu’une personne me délaisse un jour… mes relations sont alors catastrophiques : sans confiance, il n’y a pas de relation à proprement parler.

C’est une question assez difficile, si je n’avais pas été cette fille que l’on abandonne comme un chien lors des vacances, je n’aurais peut-être pas ce « don », si je puis dire, pour écrire. Mais en contrepartie, je ne passerais peut-être pas mon temps libre à blâmer le genre humain ! Toujours est-il que je ne vois pas ma vie sans l’écriture, c’est un fait incontesté.

Ebediah : Je crois que les mauvais coups donnent une autre envergure au « don » dont tu parles. Mais sans doute n’est-ce qu’une question de point de vue en fin de compte. Je vais revenir sur la littérature, ton actualité pour être précis. Ton premier roman va sortir d’ici quelque temps. Peux-tu nous raconter la genèse de ton livre, et surtout, est-ce qu’il t’a permis d’enterrer certains fantômes ?

Morgane : Hé bien, cela s’est fait un peu par hasard, j’ai toujours eu des textes orphelins dans mes cahiers ou bien, sur mon ordinateur. Je me suis dit que les mettre sous forme de journal intime serait pas mal. Et au final, je vois ce livre un peu comme une « aide » pour les personnes désespérées qui ont besoin qu’on leur tende une main, je voulais démontrer que l’on pouvait « s’en sortir », être au plus bas et remonter, même lorsqu’on est seul. C’est évidemment au sens figuré, il y a tellement de façons d’être « au plus bas » ! J’espère qu’il donnera un nouvel espoir à quelques personnes.

Concernant les fantômes, je ne pense pas que j’ai pu en enterrer certains avec ce livre, simplement parce que certaines douleurs sont encore trop présentes en moi pour cela. Je suis une personne qui met des années à faire le deuil de quelqu’un ou de quelque chose. J’imagine que le jour où je serai « guérie » d’eux sera celui où je n’écrirai plus sur eux.

Ebediah : C’est très altruiste comme comportement, mais quelque part, l’écrivain, celui qui a la vocation, est ainsi fait. Maintenant que nous te connaissons mieux, je vais me focaliser sur ton écriture, et plus particulièrement sur ton travail. Je vais donc te lancer quelques pistes : ton lieu de travail, l’ambiance, la durée d’écriture, le média utilisé… Je te laisse carte blanche pour répondre et ainsi nous dévoiler quelques facettes de ton métier d’écrivain. C’est toujours très intéressant de découvrir comment « fonctionne » un auteur.

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Morgane : J’écris principalement en soirée ou dans la nuit. Il m’arrive, en étant déjà couchée, d’allumer la lampe pour écrire ce qui me passe par la tête ou de noter quelques phrases sur mon portable afin de ne pas les oublier le lendemain. Ma chambre est le lieu principal où j’écris, celui où je me sens le plus à l’aise et tranquille. Lorsque j’écris, je n’aime pas être dérangée, étant un peu dans un état de « transe » complètement submergée par l’écriture, surtout lorsque ce sont des écrits qui me permettent de me vider un peu. La durée, je ne saurai la dire exactement. Tout dépend de l’inspiration du moment et de ce que j’ai à écrire. J’écoute très souvent la musique, notamment, la musique mélancolique qui m’inspire beaucoup. J’écris sur mon ordinateur ou bien dans divers cahiers qui sont à portée de main : un sur ma table de nuit et les autres dans le tiroir de celle-ci. Il m’arrive de le faire sur des Post-it aussi pour les mettre ensuite à mon mur.

Je n’écris pas forcément tous les jours. Je ne suis pas toujours inspirée. J’ai des trous, des pages blanches et lorsque je subis un « choc » (au sens figuré) je peux rester sans écrire durant plusieurs jours voire semaines. Ce sont des moments pénibles, car c’est important pour moi d’écrire, je « dois » écrire, je ne sais pas trop comment expliquer cela.

Je relis plusieurs fois chaque écrit afin de corriger les fautes d’orthographe ainsi que de frappe. Même si je sais qu’il doit en rester, parfois, j’en vois des mois et des mois par après ! Par contre, je ne retravaille jamais mes écrits, je ne sais même pas comment on fait !

Ebediah : Merci pour toutes ces précisions Morgane. Nous arrivons à la fin de cet interrogatoire. Depuis que nous avons commencé cette série de questions, beaucoup de choses ont bougé dans ta vie. J’ai appris que ton livre ne sortirait finalement pas dans la maison d’édition avec laquelle tu avais signé. Je ne te demanderai pas si c’est une déception, je tournerai ma question plutôt comme ça : Vois-tu dans l’annulation de la sortie de ton livre comme un signe du destin, un signe qui t’interpelle pour te dire « t’inquiète pas, le meilleur est devant toi, mais il va falloir se battre » ? Tu peux conclure sur ce point.

Morgane : Je vois cela de manière tragique, à croire que je suis vraiment maudite… c’était la seule chose qui me redonnait la pêche quand j’y pensais, enfin l’accomplissement de quelque chose dans ma vie. Mais bon, la vie en décide toujours autrement, me voilà recalée sur le banc de touche. La seule chose positive, c’est que j’ai pu modifier mon livre depuis. Peut-être vais-je m’en tenir à mon idée de départ, que je n’aurais pas dû lâcher : l’auto-publication. Reste à voir, je ne sais pas… (Ne dit-on pas que l’idée de départ est souvent la bonne ?)

Merci Ebediah pour cet intérêt que tu m’as porté.

Ebediah : C’est moi qui te remercie Morgane, et au plaisir de te lire.

Le Blog de Morgane : http://mdynamite.wordpress.com/

Zoom sur Neuville Morgane

Parfois, on rencontre des personnes qui valent la peine. Morgane Neuville appartient à cette catégorie de personnes pour qui j’ai envie de faire de la pub.

Elle écrit avec une fluidité, une sagacité, une précision toute chirurgicale. Elle sait mettre en exergue les sentiments humains et rien que pour ce que j’ai lu, j’ai été souvent chamboulé, car j’ai vu dans ces textes un miroir sur ma vie.

Une réussite.

Bientôt, son premier livre sortira, mais j’y reviendrai en temps et en heures.

En attendant, je vous invite à découvrir son tout nouveau blog :  http://untidythought.wordpress.com

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Je reviendrai pour parler d’autres auteurs qui me tiennent à cœur, notamment Gaëlle Dupille.