La langue française – 4 – Les … (points de suspension)

Je ne poste pas cet article par hasard… En fait, je lis beaucoup et dans certains écrits (souvent dans ceux provenant d’auteurs amateurs), les points de suspension sont utilisés à outrance.

Bien entendu rien ne dit qu’il faut en user parcimonieusement, mais croyez-moi, quand dans un texte d’une vingtaine de pages, vous relevez pas moins d’une centaine de …, ça devient très vite lassant. 

Points de suspension

Les points de suspension marquent une interruption de la phrase, cette interruption peut même avoir lieu au milieu d’un mot (Vous avez vraiment vu un fantô…). Elle peut être très riche en nuances : l’indécision, l’hésitation, le respect des convenances, la réticence, etc. Les points de suspension peuvent marquer, souvent en fin de texte, un inachèvement qui sollicite l’imagination du lecteur. (Des fleuves indolents, des horizons tranquilles, des nuages d’argent…)

Les points de suspension vont toujours par trois. Ils se confondent avec le point final et le point abréviatif. Ils peuvent accompagner la virgule (Il ne sait rien…, il ne voit rien…), le point-virgule, le point d’exclamation ou d’interrogation (Il faut espérer qu’il en tire un profit, sinon ?…). Selon le sens, on place ses divers signes de ponctuation avant ou après les points de suspension. Avant s’ils terminent la phrase, après si la suspension est pensée comme pouvant se prolonger.

On ne met jamais de points de suspension après etc. Les points de suspension ne forcent la majuscule que s’ils se confondent avec une ponctuation de fin de phrase.

(cette définition des points de suspension est issue du logiciel de correction Cordial)

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La langue française – 3 – Les liaisons

Aujourd’hui, focus sur les liaisons. Doit-elle se faire ou non, la réponse se trouve ici, juste en dessous. Très instructif.

Liaisons

En français,  la liaison peut apparaître entre un mot qui se termine par une consonne et un  mot qui commence par une voyelle ou un h non aspiré, si ces deux mots ne sont séparés par aucune ponctuation ni  par aucune pause orale. Selon les cas, elle est obligatoire, facultative ou  interdite. Les noms propres sont également soumis à la liaison.

La liaison  est obligatoire :
– entre le  déterminant et le nom : des(z)amis, tout(t) homme ;
– entre l’adjectif  antéposé et le nom : un(n)ancien(n)usage ; ainsi on dira un  savant(t)aveugle si aveugle est un nom, mais un savant aveugle si savant est le nom ;
– entre le  pronom (sujet ou objet) et le verbe : ils(z)aiment, on(n)aime, ils  vous(z)aiment, ils(z)y vont, courons(z)-y, donnez(z)-en ;
– entre est et le mot qui suit, dans des formes impersonnelles ou dans la forme  présentative : il est(t)évident qu’il viendra ; c’est(t)à  voir ;
– entre l’adverbe  et le mot unis étroitement : trop(p)étroit ; bien(n)aise ;
– entre la  plupart des prépositions monosyllabiques et le mot qui suit : dans(z)une  heure ;
– dans la  plupart des mots composés et locutions : un pot(t)-au-feu, mot(t)à  mot, de temps(z)en temps.

Elle ne se  pratique pas :
– après la  conjonction et : un fils et une fille ;
– après la  consonne finale d’un nom au singulier : un temps idéal, un nez  épaté ;
après le s intérieur dans les  locutions nominales au pluriel : des moulins à vent ;
– après la  finale -es de la 2e personne du singulier de l’indicatif  présent et du subjonctif présent : tu portes un habit vert ; Il faut que tu lui écrives un poème. On fera en revanche la liaison lors de  la lecture de vers ;
après les mots terminés en -rt en –rs, sauf s’ils sont suivis de il, elle, on ou s’il s’agit du t de l’adverbe fort ou du s de toujours : de part en part, tu pars à  huit heures (mais : quand dort-(t)on ? quand  sort-(t)elle ?) ;
– devant un,  oui, onze et les mots étrangers commençant par y : des  oui ;
– devant les  noms de lettres de l’alphabet : des i, des a.

Dans le  reste des cas, on peut choisir de faire ou non la liaison mais celle-ci  est plutôt la marque d’un langage soutenu.

On distingue  par ailleurs deux types de fautes de liaison :
le cuir qui consiste à faire une  liaison en t à la place d’une liaison en z, et plus généralement  à effectuer à mauvais escient une liaison en t : Il s’est mis(t)au travail ; J’ai cru(t)apercevoir un écureuil ;
– le velours qui consiste à faire une liaison en z à la place d’une liaison en t, et plus généralement à effectuer à mauvais escient une liaison en z : vingt(z)euros ; les dix-huit(z)ouvrages ; Il est  venu aujourd’hui(z)encore ;
Ces deux  types de liaisons fautives sont aussi appelés des pataquès.
Par  extension, on désigne par pataquès, cuir ou velours toute liaison  fautive, quelle qu’elle soit.

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Source : http://www.academie-francaise.fr

La langue française – 2 – La féminisation des noms de métiers…

Voilà un article qui devrait en intéresser plus d’un(e). Je songe en disant cela au terme « Auteure » que l’on retrouve sur de nombreuses pages. N’oublions pas qu’auteur avec un ‘e’ est un canadianisme et non une féminisation à la française.

Féminisation (des noms de métier, de titres, etc.)

        En 1984, le gouvernement a  institué une commission « chargée d’étudier la féminisation des titres et  des fonctions et, d’une manière générale, le vocabulaire concernant les  activités des femmes ». Dans une circulaire datée du 11 mars 1986, le Premier  ministre, M. Laurent Fabius, conseille l’application des règles de féminisation  recommandées par cette commission.

        L’Académie française, qui  n’a pas été associée aux travaux de cette commission, n’approuve pas les  conclusions que celle-ci a rendues. Dès le 14 juin 1984, elle publie une  déclaration, préparée par MM. Georges Dumézil et Claude Lévi-Strauss, qui fait  part de ses réserves et met en garde contre une féminisation autoritaire et  abusive.

        En 1998, le Premier  ministre, M. Lionel Jospin, a demandé à la Commission générale de  terminologie et de néologie de rédiger un rapport qui évaluerait les besoins en  matière de féminisation des titres et des noms de métier, et qui envisagerait  les champs d’action et les limites juridiques en la matière. Parallèlement, l’Institut  national de la langue française (INALF), dirigé par M. Bernard Cerquiglini,  était chargé d’étudier les possibilités morphologiques offertes par la langue  pour procéder à cette féminisation et les problèmes que celle-ci soulevait d’un  point de vue linguistique. Le rapport remis par la Commission générale,  sans déconseiller formellement le principe de la féminisation, en particulier  pour les noms de métier dont le féminin découle de l’usage même, souhaitait que  fût préservée la neutralité liée aux titres, aux grades et aux fonctions et  montrait les limites d’une féminisation arbitraire et systématique. En dépit de  ces recommandations, un inventaire de formes féminisées établi par l’INALF et  publié par la   Documentation française fut mis à la disposition des  administrations.

        Le 21 mars 2002, l’Académie  française publie une nouvelle déclaration pour rappeler sa position à ce sujet  et, en particulier, le contresens linguistique sur lequel repose l’entreprise  d’une féminisation systématique. Si, en effet, le français connaît deux genres,  appelés masculin et féminin, il serait plus juste de les nommer genre  marqué et genre non marqué. Seul le  genre masculin, non marqué, peut représenter aussi bien les éléments masculins  que féminins. En effet, le genre féminin ou marqué est privatif : un « groupe  d’étudiantes » ne pourra contenir d’élèves de sexe masculin, tandis qu’un « groupe  d’étudiants » pourra contenir des élèves des deux sexes, indifféremment. On  se gardera également de dire les électeurs et les électrices, les  informaticiennes et les informaticiens, expressions qui sont non seulement lourdes  mais aussi redondantes, les informaticiennes étant comprises dans les  informaticiens. De la même  manière, l’usage du symbole « / » ou des parenthèses pour indiquer  les formes masculine et féminine (Les électeurs/électrices du boulevard  Voltaire sont appelé(e)s à voter dans le bureau 14) doit être proscrit dans  la mesure où il contrevient à la règle traditionnelle de l’accord au pluriel. C’est  donc le féminin qui est le genre de la discrimination, et non, comme on peut  parfois l’entendre, le genre masculin.

        L’Académie française ne  s’oppose pas au principe de la féminisation en tant que tel : ainsi la huitième  édition de son Dictionnaire avait-elle donné place à de nombreuses formes féminines correspondant à des  noms de métier. Mais elle l’avait fait avec prudence et dans le respect de la  morphologie de la langue. Or, si certains noms de métier possèdent une forme  féminine bien ancrée dans l’usage et correctement formée, comme c’est le cas  pour institutrice, laborantine, écuyère ou chercheuse, certaines formes imposées par la circulaire  sur la féminisation, parfois contre le vœu des intéressées, sont contraires aux  règles ordinaires de dérivation. Les termes chercheure, professeure,  auteure, par exemple, ne sont aucunement justifiés linguistiquement car les  masculins en -eur font, en français, leur féminin en -euse ou en -trice (les rares exceptions comme prieure ou supérieure proviennent de comparatifs  latins dont les formes féminines et masculines sont semblables).

        En revanche, en ce qui  concerne les titres, les grades et les fonctions, au nom de la neutralité  institutionnelle et juridique qui leur est attachée, l’Académie française  recommande d’éviter, dans tous les cas non consacrés par l’usage, les termes du  genre dit « féminin » et de préférer les dénominations de genre non  marqué.

        Une féminisation  autoritaire et systématique pourrait aboutir à de nombreuses incohérences  linguistiques. Brusquer et forcer l’usage reviendrait à porter atteinte au  génie de la langue française et à ouvrir une période d’incertitude  linguistique. C’est ce que l’Académie française a toujours voulu éviter et  c’est pourquoi, au nom de l’usage, elle se réserve la possibilité d’enregistrer  de nouveaux termes pourvu qu’ils soient bien formés et que leur emploi se soit  imposé.

Vous pouvez également consulter sur le site de la D.G.L.F.,         le rapport de la Commission générale de terminologie et  de néologie sur ce sujet.

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Source : http://www.academie-francaise.fr

La langue française – 1 – « C’est / Ce sont »

J’entame une nouvelle rubrique, qui je l’espère servira aux auteurs de passage sur mon blog. Je vais donc partager dans les articles de « La langue française » des difficultés que rencontrent les écrivains en herbe ou non lors des séances d’écriture.

Face à une difficulté, la question qui taraude l’auteur est : « cela s’écrit comme ci ou comme ça ? » et là le doute s’installe.

Je commencerai en reprenant « C’est / Ce sont » car trop souvent les termes sont mal employés.

C’est / ce sont

C’est, suivi d’un nom au pluriel ou d’un pronom autre que personnel, s’accorde avec celui-ci. Toutefois le singulier se rencontre parfois à l’écrit, particulièrement dans les cas suivants :

– lorsque singulier et pluriel sont identiques pour l’oreille : Ce n’était pas des mensonges
– lorsque ce reprend un nom ou un pronom au singulier qui le précède : Le monument qu’on aperçoit, c’est les Invalides
– lorsque l’attribut, également appelé complément du présentatif, est formé de plusieurs noms coordonnés dont le premier au moins est au singulier : C’est le chocolat et les bonbons que préfèrent les enfants.
Mais le pluriel est obligatoire quand l’attribut multiple développe un pluriel ou un collectif qui précède : Il y a cinq continents, ce sont…

Dans tous ces cas cependant, le pluriel est de meilleure langue.

Le singulier est obligatoire dans certains cas :

– quand le verbe est suivi de nous, vous : C’est vous tous qui avez décidé
– dans l’indication de l’heure, d’une somme d’argent, etc., lorsque l’attribut de forme plurielle est pensé comme un tout, comme une quantité globale : C’est onze heures qui sonnent
– quand le pronom en est intercalé dans l’expression : Je voulais vous rapporter des pleurotes, mais je ne sais si c’en est.

Source : http://www.academie-francaise.fr

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