L’écriture

Les interrogations sont nombreuses quant à la question de l’écriture.

Trop ou pas. Elles sont là, m’obsèdent, me tiraillent de tous les côtés. Il serait si simple de lâcher prise, de ne plus regarder ce monde qui se tisse sous mon regard. Oui, tout serait tellement plus facile, décrocher, poser sa conscience sur le bord de la route et attendre qu’une voiture l’écrase. Métaphoriquement parlant, bien évidemment.

Mais je n’en ai pas envie de ça. Du moins, pas complètement. Je ne dois pas me voiler la face.

Dans écrire, il y a en tout premier lieu la notion de besoin, elle dépasse l’envie, qui elle, varie en fonction des aléas du temps et des rencontres. Le besoin est présent, il me brûle, m’irradie, il est constitué de projets, d’histoires en gestation, de personnages aux contours encore flous, il est le suc de la créativité, car sans ce besoin, tout ne serait que coquille vide.

L’envie vient en second et c’est sans doute là que le bât blesse… pour l’instant. Pour donner envie,  avoir envie, il faut tout d’abord se définir un but. Seulement, là, une question se pose : Pourquoi transcrire sur des feuilles blanches ce qui traverse mon esprit  alors que la société part en sucette, que les gens sont plus individualistes que jamais ? Bien entendu, les réponses foisonnent : pour les enfants, pour sa femme, pour la gloire (sic), pour l’argent (re-sic)… Non, je m’égare. Cynisme quant tu me tiens.

Avant tout cela, il y a le Soi. Pensez à soi. Comprendre ce qui me pousse à p(ren)(er)dre du temps pour coucher des histoires, songeant qu’au-delà de la création, il y aura des visages, souvent inconnus, des jaloux, des cons. Ils sont légions, les cons et personnellement, je ne les supporte plus. Est-ce les cons qui aujourd’hui m’empêchent de poursuivre dans la sérénité ?

Un peu, mais pas que.

Vous me direz : « Et les gens biens, tu y penses ? » Oui, mais face à la horde de macaques décérébrés, ils ne font pas le poids. Du moins pour l’instant. Demain peut-être, ou même ce soir, ou dans une heure, ou après avoir terminé cet article, une étincelle viendra me foutre le feu au derche juste pour me signaler qu’il est temps, temps de se réveiller, temps de ne plus se perdre en conjonctures, temps de ne plus véritablement songer à « ce qui pourrait » mais à « ce qu’il va ».

Je me comprends, c’est le principal, mais pour combien de temps encore. (Excusez-moi pour les répétitions, mais elles sont stylistiquement volontaires… )

Ecrire reste pour moi comme une respiration. Chaque fois que je ne cogne pas mon clavier (l’écriture est un combat : on frappe, on tape, on cogne, on martèle, on se saigne), je me retrouve en apnée. Mon organisme commence à ne plus s’oxygéner correctement et puis… Bref, c’est pas le top, mais je suis en partie responsable de cet état. Cela ressemble à du sadomasochisme… C’est du sadomasochisme. La douleur m’aide à produire. La souffrance est l’énergie première, un putain de puits où coulent à flots les sombres pensées, celles qui aident à la transformation de la matière en un produit « consommable » : l’histoire.

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Bourse financière de l’humain – Human Flesh Stock Exchange

Textes et autres concoctions

Collectif des Fossoyeurs de Rêves

« Le brouillard retombe lentement, il s’immisce dans les rues, occulte les lumières des réverbères. Bientôt la nuit elle même se verra dévorer par la brume opaque, porteuse de mort. Une à une, les portes closes tenteront de résister aux assauts des bêtes démoniaques lâchées dans la ville. Le temps n’est plus à savoir qui est le plus fort, car dans quelques heures, quand l’aube pointera le bout de son nez, les autorités ne sauront différencier les bons des méchants »

Vision du monde, Jean-Marc Renaudie